Theatrales

  • L'Ogrelet vit seul avec sa mère dans une maison au coeur d'une forêt dense, en retrait de la communauté villageoise. Le jour où il commence à fréquenter l'école et les autres enfants, il découvre sa différence : il est le fils d'un ogre que sa mère a passionnément aimé. Pour se délivrer de son attirance irrépressible pour le sang frais, il devra affronter trois épreuves dont il sortira grandi. L'Ogrelet, avec ses six ans, sa force extraordinaire et sa terrible hérédité, nous réconcilie avec notre part d'ombre. Un récit noir tendre qui puise son inspiration dans les contes traditionnels, servi par l'écriture fine et intelligente de la grande auteure pour enfants Suzanne Lebeau.

  • Grosse patate c'est le surnom qu'on lui donne à l'école parce qu'elle mange tout le temps.
    Elle, elle sait qu'elle est ronde et douce. dans sa classe il y a rosemarie la timide, rémi son souffre-douleur, trouillard comme une fille, et hubert dont tout le monde est amoureux. grosse patate raconte dans son journal la tristesse, le bonheur, les interrogations d'une petite fille qui essaie de comprendre le monde. ce premier texte du comédien et metteur en scène dominique richard traite de sujets essentiels comme l'amitié, l'amour, le deuil, la différence dans une langue drôle et inventive.

  • Pas facile d'être une jeune fille de treize ans sous les regards moqueurs des garçons, dans le gris d'une ville. Pas facile d'assumer les départs en catastrophe pour que le père attrape un nouveau boulot. Surtout quand cet exil vous agite depuis la naissance : Alice est fille de réfugiés politiques. Mais pourquoi ne pas faire fi des tracas en pêchant les petits bonheurs là où ils sont, dans une amitié fugace ou un amour naissant ? Sylvain Levey jette un regard incisif, tendre, lucide et plein d'espoir sur la vie de cette adolescente d'origine chilienne. A travers des voix, des monologues intérieurs, du théâtre qui se fait parfois récit, l'auteur offre une palette d'émotions tout en justesse.

  • Elikia est une enfant ordinaire qui a vu sa vie basculer du jour au lendemain dans une guerre civile chaotique.
    Enlevée à sa famille, elle devient enfant soldat. victime, elle est aussi bourreau dans une situation qui brouille les lois de l'éthique. comment grandir quand les repères s'effacent devant une brutalité quotidienne sans espoir ? c'est le petit joseph, le plus jeune venu au camp des rebelles rappelle son humanité et lui donne.

  • Il était une fois un père, son fils et ses deux filles ; l'aînée égoïste et frivole, jalouse de Belle, sa cadette.
    Il était une fois un monstre, la Bête. Le père trouve refuge dans la demeure de la Bête. Belle, pour sauver son père, accepte de se livrer à la Bête... Ainsi commence l'histoire inspirée du célèbre conte, qui transformera la Bête en homme et Belle en femme. Ce récit tout en eaux est à la fois une grande histoire d'amour, une comédie psychologique, un conte de fées fantastique, un mélodrame familial, un conte moral, une fiction débridée où tout symbole serait bon à prendre, le jeu de l'amour et de la nécessité, la conquête de l'autonomie dans le respect de l'Autre.

  • Après Léa (10 ans) de Ouasmok ? et Alice (14 ans) de Alice pour le moment, voici un nouveau personnage féminin de Sylvain Levey, Lys Martagon.
    Sans que ces trois textes aient de lien entre eux, ils composent un autoportrait en creux de l'auteur. Cette fois-ci, Lys est une rêveuse de 17 ans qui vit dans une cité qu'on qualifie souvent de " sensible ". Mais sans vouloir fanfaronner, elle évolue dans cet univers tout en légèreté grâce à la poésie qu'elle porte en elle. C'est une collectionneuse de noms de fleurs, de fleuves, d'îles, de montagnes.
    Et par ses inventaires poétiques, ses listes de petites et de grandes choses, elle sème le trouble dans la tête de Demetrio, petit caïd subjugué finalement par la douceur de la jeune fille. Car Lys voit au-delà des barres d'immeubles, elle se sent appartenir à cette belle chaîne montagneuse de Belledonne qui surplombe la vallée. Lys quitte progressivement l'adolescence pour devenir peu à peu une femme émancipée et émancipatrice.
    Personne ne sort indemne d'une rencontre avec elle.

  • Elise et Léo, repliés sur eux-mêmes dans leur petit intérieur douillet, sont effrayés par le monde extérieur et sa dose d'inconnu. Sortir, La grande aventure, effrayante jusque-là, est provoquée par la fuite de souliers intenables trop engoncés dans cette maison-cage. Le Grand Livre du dehors sous le bras, Elise partira dans une course folle à la poursuite de Léo, le premier à avoir franchi la porte. Au fil de leur escapade, la nature dévoile ses trésors et un nouveau monde s'ouvre à eux : " la chaleur de la terre sous les pieds, la douceur du vent sur les visages et l'eau qui chante sur les cailloux. " Un voyage initiatique étonnant, une lutte contre le sablier su temps qui file trop vite. Avec Souliers de sable, Suzanne Lebeau s'adresse avec malice aux petits pour révéler ce qui se cache derrière leurs peurs. Elle permet aux plus grands d'interroger la place de l'enfant dans le monde.


  • du théâtre, les petits français ne connaissent guère que molière, ionesco voire beckett.
    le théâtre actuel est trop peu étudié à l'école et dans les ateliers. dans ce premier ouvrage du genre, marie bernanoce montre la diversité du théâtre contemporain pour la jeunesse, vivier d'écritures pour tous les publics, à travers une sélection de plus de cent pièces. l'auteur étudie le contenu thématique, l'écriture, la dramaturgie de chaque oeuvre et propose des pistes de travail pour le plateau et la classe (de français langue maternelle ou langue étrangère).
    elle défend une double pratique du texte de théâtre, matériau littéraire à lire et à écrire, résolument inscrit dans les démarches artistiques de la scène, transposées à l'école. ces fiches critiques sont accompagnées d'une réflexion sur l'enseignement du texte de théâtre, d'un glossaire des notions employées et de témoignages d'auteurs. aux enseignants, ce répertoire fournit quelques clés de l'esthétique théâtrale contemporaine.
    aux professionnels et aux amateurs de théâtre, il donne l'occasion de découvrir les textes des auteurs d'aujourd'hui écrivant pour les jeunes d'aujourd'hui. une matière à rêver les mots, une matière à faire vivre les voix et les corps.

  • Sous la plume de Sylvain Levey, l'école devient le miroir de notre société et de sa consommation effrénée.
    Il recense ces affaires futiles ou utiles que la pub et les goûts tentent d'imposer aux enfants. Il montre ces choses qui révèlent ce qu'on est ; il dévide la complainte du progrès ; il dresse un inventaire sensible de ces objets inanimés racontant toute une histoire de France, des sans-culottes... aux sans-papiers. À coups de petites chroniques poétiques ou d'aphorismes politiques, vrais matériaux pour la scène, l'auteur observe la relation entre les habits et les enfants et lance ici un pavé, comme un petit manuel d'instruction civique.


  • les animaux ont fui l'île polluée : yaël, né après ce grand exode, n'a jamais vu ni poule, ni grenouille, ni aucune bête à poils ou à plumes.
    depuis, il questionne son grand frère gaétan sur ses souvenirs d'animaux. ils rencontrent un jour m. habilis, peintre animalier vivant sur la grande terre, refuge de la faune en fuite. c'est décidé : ils iront sur le continent pour admirer et se régaler de ces bêtes. là-bas, c'est le coup de foudre entre gaétan et kinoë, la fille du peintre. yaël, lui, se découvre une passion pour la peinture et devient l'apprenti d'habilis.
    le chemin des deux frères se sépare alors : il est temps pour eux de grandir. voyage initiatique, découverte de l'art et de l'amour, stéphane jaubertie propose cette pièce drôle et poétique dans une langue inventive et imagée.

  • Costa est un garçon de douze ans collé à son grand-père.
    Il écoute ses histoires, ses chansons pour changer le monde, sa genèse revisitée... Costa le Rouge, c'est l'histoire de la transmission d'une génération à l'autre, du passage d'une époque révolue à un aujourd'hui incertain une certaine idée de la classe paysanne et ouvrière... C'est encore le renoncement des luttes remplacées par une consommation abîmant les êtres. Sylvain Levey tisse une fable sur la banlieue présumée récente, bitumée et violente.
    Violente, elle peut l'être, les combats le sont bien parfois, mais l'auteur préfère parler de fraternité et d'espoir pour casser des clichés tenaces.

  • En prison, Dalton Chance, seize ans, repense aux événements qui l'ont conduit ici.
    Le fantôme de Pace Creagan, la jeune fille rebelle de deux ans son aînée qui l'a entraîné dans un jeu dangereux - traverser un pont avant qu'un train à vapeur n'atteigne l'autre rive -, est là. Face à lui, ses parents broyés par la crise économique de 1929 et Chas, le gardien dont le fils est mort de ce jeu fou. Dans un texte plein d'humanité, les pulsions de désir et de mort enfièvrent les corps de ces adolescents qui cherchaient à vivre.
    Un apprentissage difficile, mais émancipateur. Une pièce forte et lumineuse.

  • Dans ce pays-là, on vend les enfants.
    On en vend un quand on a du mal à finir le mois ou quand il faut un nouveau frigidaire. On les rachète parfois aussi, par exemple pour faire une fête de famille. Le narrateur raconte son parcours, du petit garçon que ses parents ne mettaient pas sur le marché parce qu'il n'était pas beau, à l'homme qu'il est devenu et qui tout naturellement s'est mis à vendre son père. On traverse cette histoire traitée avec cocasserie et tendresse en admirant la virtuosité d'un auteur qui nous fait passer du récit au théâtre sans qu'on n'y prenne garde.

  • Voici vingt-quatre courtes histoires pour petits hommes... ou petites femmes comme autant de vignettes savoureuses, de petits moments de rien du tout d'où le théâtre naît. Gérald Chevrolet imagine Miche et Drate, deux personnages sans âge, sans sexe, avec des mots tendres, poétiques et oniriques, comme " deux parties du cerveau qui dialoguent au bord du monde ". Ils se heurtent avec naïveté et humanité à un monde trop grand pour eux, sauf à se construire leur univers. Ces deux protagonistes fort attachants deviendront les compagnons de lecture des petits et des grands, mais aussi les camarades de jeu de comédiens en herbe ou confirmés.

  • Julien trouve son père distant. Il se cherche alors un "meilleur" papa, qui l'aimera pour ce qu'il est. Il observe et étudie les habitudes des clients du café d'en face et choisit Pascal, l'amateur de mots croisés. Cet adulte inachevé et maladroit sera-t-il le bonoe. En treize scènes, sur une année, d'un mois d'avril à l'autre, la pièce montre avec pudeur cet appel d'un jeune adolescent délaissé en direction d'un homme qui hésite à endosser le difficile rôle de père et qui devient l'Apprenti. L'écriture épurée de Daniel Keene offre une histoire touchante et rare sur la paternité et la naissance de l'amitié.

  • Que se passe-t-il quand une enfant de dix ans, contrainte de vivre serrée dans un corset de bois devenu trop étroit, rencontre un bûcheron un peu sauvage qui a coupé tous les arbres ? Tous, pas tout à fait : à côté de son cabanon subsiste le dernier arbre du pays. Pour que l'enfant vive, il faut tailler dans son coeur un corset neuf qui lui permettra de grandir. Mais cet arbre, le bûcheron l'a promis, il ne l'abattra jamais. Pourtant l'enfant compte sur lui. Ils se racontent alors des histoires de loups, d'amour et de mères parties trop tôt. Ils se titillent, s'émeuvent et s'apprivoisent. Se mêle au dialogue la voix de la Présence, à la fois conteuse et figure maternelle. En décollant du réel, Stéphane Jaubertie tisse une fable tendre et cocasse, qui parle d'amour, de filiation et d'altérité.

  • Hubert est un garçon narcissique qu'on a déjà pu découvrir dans Le Journal de Grosse Patate ou Les Saisons de Rosemarie. Tout le monde est amoureux de lui, et lui n'aime rien tant que son reflet dans le miroir. Mais Hubert grandit, change et ne se reconnaît plus. Au fil de journées de plus en plus loufoques, il tente de se réconcilier avec son père, de faire le deuil de sa mère et d'accepter d'entrer dans l'adolescence, grâce à l'aide d'un entraîneur de foot poète et d'un professeur fantaisiste. Cette pièce aborde avec légèreté des thèmes forts de la fin de l'enfance : l'identité, la puberté, le rapport au père... Avec tact et tendresse, dans une langue inventive et drôle, Dominique Richard invite à une découverte de soi et de l'autre.

  • jojo est un solo boy urbain.
    dans une rue déserte, il traîne avec un ballon de foot crevé pendant que ses parents sont partis au soleil. surgissent deux fées un peu déglinguées, anita et sa vieille mère jilette. des fées comme dans les contes, mais désoeuvrées, au rmi (revenu magique d'insertion). anita confie au garçon la mémé qui perd la boule, mais cette dernière disparaît. commence alors pour jojo, parti à sa recherche, un parcours initiatique qui l'emmène de la grande forêt aux séances de désintoxication d'une clinique pour superhéros paumés (batman, billy juan poucet dit le p'tit...).
    ces rencontres étonnantes le conduiront à la recherche de son identité.
    avec une langue vive, un style d'aujourd'hui détournant le langage des jeunes, stéphane jaubertie aborde le thème de la connaissance de soi, du rapport aux autres et à la réalité. c'est touchant, drôle : un bonheur à lire et à jouer.

  • Dans ce texte tendu comme un arc, Stéphane Jaubertie joue sur l'ambiguité. Qui est cette petite fille qui prétend s'extraire d'une famille pour disparaître, puis réapparaître ? Une émanation irréelle chargée de révéler les choses à venir en creusant dans la mémoire des autres puis d'y semer l'oubli ? Ou une petite demoiselle en fugue, enfant de parents séparés, coupée en deux, dont le trop-plein d'émotions a rejailli durant l'été ? Un peu des deux, sans doute. Lecteurs et acteurs se reconnaîtront dans cette petite fable : on a tous le souvenir d'un doux été à flâner près d'un lac ou à la campagne. Mais Létée n'est pas triste : c'est un texte lumineux, lucide, qui décolle du réel. Un bonbon acidulé.

  • Trois auteurs phares du théâtre jeunesse ont creusé la question des rêves et des utopies d'une enfance d'aujourd'hui. Dans L'Enfant de par là-bas, Jean-Pierre Cannet raconte l'histoire de Polin qui, après la perte de ses parents dans l'incendie de leur caravane, vit avec ses deux grands-mères ; l'une lit l'avenir, l'autre est funambule.
    Cet enfant du voyage ne veut ni être placé en famille d'accueil, ni aller à l'école. Il s'enfuit. Cannet livre un texte puissant qui transporte au-delà des apparences et des préjugés. Chez Bruno Castan, un petit groupe de jeunes gens piopiotent tranquillement, adossés à un muret. Un village ? Une rue ? En tout cas, il ne se passe pas grand-chose, c'est La Glume. On parle de tout, de rien.
    De la façon dont on voudrait mourir.
    Comme l'utopie majeure ? Ça pourrait être sombre, mais la verve désespérément optimiste de Castan emporte le morceau.
    Dans Deux Citrons, Philippe Dorin crée, comme souvent et pour notre plaisir, des situations presque immobiles dans lesquelles il instille un mouvement quasi imperceptible et pourtant inexorable. À la manière d'une ritournelle, ses personnages sont des enfants qui jouent, des enfants qui jouent des rôles, des rôles de théâtre, un théâtre dans le théâtre.
    En pointilliste, Dorin propose une partition douce-amère, pleine de charme et de tendresse.

  • Dans Le Syndrome de Gaspard, il se rend au sein de la famille Morrisso, composée du père, cadre bientôt au chômage, de la mère, de la petite sœur et de Gaspard, enfant d'une dizaine d'années. Cet enfant, a priori sans problèmes, présente une drôle de pathologie : il s'endort n'importe où, n'importe quand, sauf la nuit. Son entourage essaie bien de vivre à son rythme, mais la vie devient vite infernale... jusqu'à la rencontre avec un éminent professeur qui va diagnostiquer le syndrome de Gaspard.

  • Lucie est une jeune fille de douze ans, très proche de son frère Anton, quinze ans. Un soir, ses parents lui apprennent qu'elle n'est pas leur fille biologique : cette nouvelle et la découverte de ses origines juives provoquent un véritable ouragan émotionnel. La famille vacille, le père s'en va. Anton, lui aussi troublé par sa recherche d'identité et la démission paternelle, se met à voler dans les supermarchés et se replie sur lui-même. À travers une correspondance avec Ahmed, son amoureux parti en Algérie, et l'écriture exutoire d'un abécédaire, Lucie entre en résistance pour reconquérir son frère.

    La découverte de l'amour est l'une des lames de fond qui révéleront cette jeune fille à la vie et la rendront plus forte. Un texte grave et lumineux, porteur d'espoir.

  • L'abeille

    Matt Hartley

    Chloé, 15 ans, vient de perdre son frère Luke, 18 ans, dans un accident de voiture.
    La communauté du lycée et de la petite ville où ils vivent s'empare du tragique événement en créant un site Internet en souvenir du défunt. Tout à son chagrin, Chloé est confrontée à ces amitiés autant virtuelles que fugaces, jusqu'à une rencontre plus tangible... mais toujours sur le net et ses réseaux sociaux. Le jeune auteur anglais Matt Hartley traite du thème très contemporain des échanges adolescents sur Internet, mais grâce à une langue poétique et une structure en flash-back et en fondus enchaînés, il décolle de ce réel virtuel pour tendre vers l'universel de la perte d'un être cher.

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