• Russie et communisme sont-ils accidentellement liés ? L'histoire de l'Union soviétique doit-elle être traitée indépendamment de l'histoire russe ? Est-elle l'histoire d'un peuple ou celle d'un régime et de ses dirigeants ?
    Ce manuel, brossant un panorama complet des trois quarts de siècle qu'a duré l'Union soviétique, se propose de restituer, au-delà des clivages idéologiques et des dogmatismes, l'histoire de la Russie au XXe siècle. Profitant des nouvelles connaissances mises au jour par l'ouverture des archives de l'Union aux historiens, il dévoile les rouages de relations de pouvoir plus complexes qu'on ne le croit. Mais, surtout, il montre que faire l'histoire de l'Union soviétique, c'est aussi éclairer la vie d'un peuple partagé entre adhésion et résistance passive.
    En somme, il révèle un moment essentiel de l'histoire millénaire de la Russie.

  • À la mort de Staline en 1953, l'Union soviétique passe d'un système totalitaire à un système autoritaire et policier dans lequel la dictature du Parti demeure intacte avec, au fil des ans, une prolifération d'espaces d'autonomie. Une nouvelle société, des économies parallèles, des contre-cultures se développent que le pouvoir ne peut plus maîtriser et qui conduisent en 1991 à l'implosion de l'URSS. De la guerre froide à la perestroïka, Nicolas Werth retrace les dernières décennies de l'Union soviétique.

  • De la chute du tsar à celle du dernier président du Soviet suprême, retour sur plus de sept décennies d'une histoire complexe et mouvementée, marquée par deux guerres mondiales et la guerre froide. Combien y a-t-il eu réellement de révolutions en Russie en 1917 ? Entre léninisme et stalinisme, continuité ou rupture ? Quelles sont les causes de l'effondrement de l'empire soviétique ?
    À ces questions et à de nombreuses autres, Nicolas Werth apporte des réponses claires et documentées. Une somme de référence, où il dresse l'inventaire d'une certaine idée de l'utopie communiste devenue réalité.

  • En seulement deux ans, de l'été 1931 à l'été 1933, près de 7 millions de Soviétiques - dans leur immense majorité des paysans - moururent de faim. En cause ? Non pas la guerre ou de mauvaises récoltes ; ni la sècheresse ni les inondations ; mais une volonté politique d'une extrême violence : la collectivisation forcée des campagnes mise en oeuvre à partir de 1930 par le régime stalinien.
    Ultime épisode d'un affrontement entre l'État et les paysans, commencé peu après la prise du pouvoir par les bolcheviks, ces famines, symboles de régression absolue, sont restées l'épisode tabou de l'expérience soviétique, censément porteuse de progrès et de modernité.
    Nicolas Werth en retrace l'histoire avec précision et intelligence, dressant un état des lieux de la recherche sur un événement central de l'histoire européenne, trop méconnu de ce côté-ci du continent.

  • Une somme brillante éclairant les méandres politiques autant que sociétaux du régime soviétique de sa naissance à sa chute. En voici le sommaire :

    1. A l'est, le front oublié.
    2. La prise du pouvoir par les bolcheviks.
    3. Les manuscrits censurés de Lénine.
    4. Feliks Dzerjinski, les débuts du KGB.
    5. Les pogroms des guerres civiles russes.
    6. De l'amour libre à l'ordre moral.
    7. Les paysans contre Staline.
    8. Comment Staline a-t-il affamé l'Ukraine ?
    9. Y eut-il un génocide en Ukraine ?
    10. Etre communiste en URSS sous Staline.
    11. La vérité sur la Grande Terreur.
    12. Les 900 jours de Leningrad.
    13. Pourquoi les Soviétiques ont gagné la guerre ?
    14. Goulag : les vrais chiffres.
    15. Les derniers jours du tyran.
    16. URSS 1954: Opération Terres vierges.
    17. Révélations et silences d'un « Rapport secret ».
    18. Le dimanche rouge de Novotcherkassk.
    19. La grande stagnation.
    20. Tchernobyl : enquête sur une catastrophe annoncée.
    21.URSS : les mécanismes de la corruption.
    22. Les ruines de l'Empire.

  • Russie, février 1917. L'économie est au plus mal. L'inégalité dans la distribution de la terre nourrit la grogne. Les grèves se multiplient. Le pays s'enlise dans la Grande Guerre. Nicolas II est au front. Le pouvoir semble impuissant et vacant. Lasse d'une autocratie d'un autre temps, une poignée de révolutionnaires, au milieu des insurrections de Petrograd, organise un comité exécutif (le Soviet) et, après un compromis avec le Comité provisoire libéral, balaie en quelques jours le régime tsariste, pourtant pluriséculaire. Les fiançailles sont de courte durée : en octobre, les bolcheviks, sous la férule de Lénine, prennent le palais d'Hiver et s'emparent du pouvoir, instaurant le régime communiste.
    Ce sont ces événements de l'année 1917 que raconte avec passion Nicolas Werth. Dépassant le clivage entre les historiographies soviétique et libérale, il s'attache à analyser non pas une seule révolution politique, mais une multiplicité de révolutions sociales et nationales.

  • Le Parti sous Staline : non pas l'appareil et son sommet, mais, pour une fois, le parti des communistes. On connaît les statistiques des adhérents, mais pourquoi et comment devient-on communiste? On connaît les grands thèmes de l'idéologie stalinienne, mais quelle formation politique et morale recevait le militant de base? On connaît les fluctuations de la Ligne générale, mais quelles étaient, au jour le jour, les tâches des militants? On connaît la lutte au sommet entre Staline et Trotski, mais quel écho cette lutte avait-elle à la base et que représentait le trotskisme pour le militant ordinaire? On connaît les grands procès de Moscou, mais comment les militants organisaient-ils la chasse aux «éléments politiquement douteux» ou «socialement étrangers»?

    1 autre édition :

  • Octobre 1917 : dans le tumulte de la Grande Guerre, le coup d'État bolchevique apparaît comme un épisode parmi d'autres. Mars 1953 : la mort de Staline fait la Une des journaux du monde entier. Entre-temps, l'URSS est devenue la seconde puissance mondiale. Le modèle soviétique se pose en concurrent de la démocratie libérale. Il inquiète les uns et fascine des millions d'autres, qui ne connaissent de l'URSS que les images embellies filtrant de ce lointain pays.
    De la révolution d'Octobre à la mort de Staline en passant par la NEP, le pacte germano-soviétique et la constitution d'un bloc soviétique, cet ouvrage retrace les premières décennies de l'URSS et pose le problème de la continuité comme des ruptures entre la théorie léniniste et la pratique stalinienne.

  • Durant plus d'un mois, Nicolas Werth, spécialiste reconnu des politiques de violence en URSS et de l'histoire du Goulag en particulier, et ses compagnons de voyage vont sillonner la Kolyma, région symbole du goulag, la plus éloignée et la plus inaccessible, à la recherche des dernières traces du plus grand ensemble concentrationnaire soviétique. Durant 25 ans, entre 1930 et le milieu des années 1950, 20 millions de soviétiques sont passés par ces camps, 2 millions sont morts au Goulag, plus d'un million ont été exécutés.
    Nicolas Werth a retrouvé les traces des derniers survivants. Il a visité les rares musées, nés généralement d'initiatives privées, où sont exposés des rares vestiges de la "civilisation goulagienne" encore conservés. Il a sillonné les pistes de la Kolyma, construites par les détenus eux-mêmes, pour tenter de retrouver les restes des camps de travail forcé, où les détenus extrayaient, dans des conditions extrêmes (-50 °C l'hiver), l'or, grande richesse de la Kolyma, le cuivre, l'uranium et d'autres minerais.
    Une quête souvent vaine, tant les traces se sont effacées dans ce milieu que l'homme n'a jamais véritablement conquis. La nature a repris ses droits, la taïga et la toundra ont englouti les derniers vestiges des camps.
    Dans ces conditions, comment l'historien peut-il encore appréhender cette civilisation disparue? À travers les seules archives administratives, les récits des derniers survivants?
    Ce voyage à la recherche de la Kolyma perdue est aussi une réflexion sur le métier d'historien.

  • Désorganisée par la guerre, affaiblie par l'opposition politique, la russie sombre lentement.
    Dans la capitale de l'empire, petrograd, soumise au froid et à la faim, une révolution spontanée éclate, forçant le tsar nicolas ii à abdiquer. un gouvernement provisoire se met en place tandis que, pour la première fois, ouvriers, paysans, soldats s'expriment, revendiquent et agissent dans des milliers de soviets et comités. le pays est " en révolution ". en quelques mois, se créent les conditions du succès d'une minorité agissante, le parti bolchévique de lénine, qui, le 26 octobre, au terme d'une insurrection armée, établie la " dictature du prolétariat ".
    Momentanément, coup d'etat politique et révolution sociale convergent. dans un récit vif et clair, nicolas werth restitue l'intensité de cette année 1917, porteuse d'un magnifique espoir de justice et de liberté, mais évoque aussi les malentendus et les mythologies que la " grande révolution d'octobre ", première révolution socialiste de l'histoire, a fait naître.

  • Été 1937 : les grandes purges de l'armée et des dirigeants politiques initiées par Staline battent leur plein en Union soviétique. Mais ces exécutions bien connues masquent en fait un événement bien plus considérable, que Staline a programmé dans le plus grand secret. Le 30 juillet 1937 s'ouvre une vague de terreur sans précédent qui fait 750 000 victimes en moins d'un an : ex-koulaks, nobles, prêtres, asociaux, étrangers, jusqu'aux " enfants de moins d'1 an socialement dangereux "... sont fusillés comme " ennemis du peuple ". Bientôt, la machine s'emballe et les exécuteurs zélés partent à la chasse aux victimes pour augmenter leurs chiffres. Nul n'y échappe, pas plus un simple ivrogne accusé d'avoir cassé une bouteille qu'une marchande de fleurs condamnée pour haute trahison.Tout en analysant les causes de cet incroyable meurtre de masse, véritable crime administratif, Werth brosse les portraits dramatiques des acteurs de la persécution et de leurs victimes anonymes. Et met au jour les rouages d'une répression de masse conçue avec l'implacable rigueur d'une entreprise d'ingénierie sociale.

  • Voici le premier livre en français sur l'autre goulag, édifié par Staline et lagoda (chef du Guépéou), son ministre de l'Intérieur, aux fins de " purifier socialement " l'Union Soviétique. Sur l' "île aux cannibales ", ont été déportés 6000 " éléments socialement nuisibles ". Isolés dans cet endroit désolé, Nazino, perdu au milieu du fleuve Ob, les déportés débarqués sans provisions ni outils ont subi la torture de la faim au point de s'entre-dévorer. Passé sous silence pendant soixante ans, l'épisode est aujourd'hui révélé par Nicolas Werth. Sa reconstitution permet de comprendre le fonctionnement des peuplements spéciaux, elle met en évidence une élimination inévitable, sinon programmée, autant que l'absence de coordination entre les différents maillons de la chaîne répressive. Elle montre aussi la violence sociale qui régnait en Sibérie, terre de déportation et de colonisation. Enfin l'Ile aux cannibales offre un fascinant cas de perte des repères humains quand les individus sont soumis à une situation extrême dans un lieu clos. L'Ile aux cannibales, c'est l'histoire d'une décivilisation en plein XXe siècle.

  • Métropole d'une religion de salut temporel, l'URSS de Staline fut un empire, élevé sur les ruines des nations européennes après deux guerres mondiales, et la propagandiste d'un message, apparemment universel, qui fascina des peuples du tiers monde ou des intellectuels, autant qu'il répandit une sorte de terreur partout ailleurs.
    Nicolas Werth explore les méandres de l'univers soviétique sous Staline. Il montre en quoi le stalinisme, dans la suite logique du léninisme, impose une ligne du parti fixée d'en haut, élimine les déviationnistes là où le parti n'est pas au pouvoir, surveille la pensée pour établir une vérité totale, et propose aux Soviétiques la vision d'un monde peuplé de forces bonnes - les staliniens - et mauvaises - tous les autres, à noyer dans le sang.
    Le marxisme était l'exaltation d'un avenir postcapitaliste meilleur, le stalinisme fut l'exaltation d'une société asservie.

  • A la mort de Staline en 1953, l'Union soviétique passe d'un système totalitaire à un système autoritaire et policier, mais où la dictature du Parti demeure intacte. Si le système semble immuable en façade, les espaces d'autonomie prolifèrent au fil des ans. L'URSS est rongée par le vieillissement de ses dirigeants, qui atteint son apogée sous Brejnev. Sa situation économique ne cesse de se dégrader.
    Une nouvelle société, des économies parallèles, des contre-cultures se développent, et le pouvoir ne peut plus les maîtriser, conduisant l'Union soviétique à l'implosion en 1991.

  • Entre 1931 et 1933, six millions de paysans meurent de faim en URSS. Cette famine ne doit rien aux conditions météorologiques, mais découle directement de la collectivisation forcée des campagnes mise en oeuvre, à partir de 1930, par Staline. Cette famine fut totalement passée sous silence jusqu¹à la Perestroïka gorbatchévienne. Depuis la chute de l¹URSS, l¹ouverture des archives soviétiques a permis de faire la lumière sur cette tragédie. Cet enregistrement inédit est le premier document en français consacré au plus grand crime de masse du stalinisme.


  • au soir du 1er décembre 1934 -jour de l'assassinat du chef du parti de léningrad, sergueï kirov -, staline ordonne d'élargir et d'accélérer la répression de tous les suspects de
    " préparation d'actes terroristes ".
    le signal de la plus gigantesque répression policière du xxe siècle est donné.
    pendant quatre ans, des milliers de responsables du régime soviétique vont être arrêtés, emprisonnés et souvent exécutés. la liquidation de tous les anciens opposants à staline va s'étendre, par cercles concentriques, à la majeure partie des cadres dirigeants. les accusés, soumis à des procès publics, avoueront unanimement les crimes les plus abominables et les plus invraisemblables.
    une fraction notable de l'opinion internationale-quant à elle se cantonnera dans une expectative prudente, voire s'aveuglera sur ces mascarades judiciaires.
    nicolas werth retrace ici, parallèlement au récit mouvementé des " grands procès ", la genèse et la dynamique de ce moment paroxystique de la logique totalitaire. il le fait en tenant compte des données nouvelles et des discussions historiques récentes.
    au-delà des banalités sur le culte de staline ou des généralités sur le totalitarisme, l'auteur apporte des clefs d'interprétation qui permettent de mieux cerner cette période tragique.

  • La route de la Kolyma

    Nicolas Werth

    • Belin
    • 11 Octobre 2012

    Durant plus d'un mois, Nicolas Werth, specialiste reconnu des politiques de violence en URSS et de l'histoire du Goulag en particulier, et ses compagnons de voyage vont sillonner la Kolyma, region symbole du goulag, la plus eloignee et la plus inaccessible, a la recherche des dernieres traces du plus grand ensemble concentrationnaire sovietique. Durant 25 ans, entre 1930 et le milieu des annees 1950, 20 millions de sovietiques sont passes par ces camps, 2 millions sont morts au Goulag, plus d'un million ont ete executes.
    Nicolas Werth a retrouve les traces des derniers survivants. Il a visite les rares musees, nes generalement d'initiatives privees, ou sont exposes des rares vestiges de la "civilisation goulagienne" encore conserves. Il a sillonne les pistes de la Kolyma, construites par les detenus eux]memes pour tenter de retrouver les restes des camps de travail force, ou les detenus extrayaient, dans des conditions extremes (]50‹ l'hiver) l'or, grande richesse de la Kolyma, le cuivre, l'uranium, le cobalt et d'autres minerais.
    Une quete souvent vaine, tant les traces se sont effacees dans ce milieu que l'homme n'a jamais veritablement conquis. La nature a repris ses droits, la taiga et la toundra ont englouti les derniers vestiges des camps.
    Dans ces conditions, comment l'historien peut]il encore apprehender cette civilisation disparue? A travers les seules archives administratives, les recits des derniers survivants?
    Ce voyage a la recherche de la Kolyma perdue est aussi une reflexion sur le metier d'historien.

  • Dès 1917, spontanément, les paysans russes se soulèvent contre le tsarisme. Ils vont ainsi contribuer à la victoire des bolcheviks. Mais si les paysans espéraient ainsi jouir enfin librement des terres confisquées aux grands propriétaires, les bolcheviks, eux, rêvaient de les collectiviser, de contrôler les campagnes dont dépendaient le ravitaillement des villes et le salut de la révolution. Ce "malentendu" historique s'accompagne d'une incompréhension mutuelle. Dans un monde rural réfractaire au changement, déshérité, isolé, s'est développée une civilisation paysanne originale et autonome. Elle va de l'art de construire une izba à une conception du droit de propriété et à une pratique du christianisme tout à fait particulières. Pour les bolcheviks, cette civilisation n'est que barbarie et crétinisme. Ils lancent contre elle des "croisades culturelles", des missionnaires athées, de jeunes communistes qui "liquideront" l'analphabétisme et célèbreront dans les villages le 1er mai, la "Trinité prolétarienne". Pour briser les résistances, le régime finira par procéder à la collectivisation forcée des campagnes. Ce grand tournant dans la vie paysanne allait être fatal à la civilisation rurale traditionnelle. Pendant deux décennies - 1920-1940 - l'Ancien et le Nouveau s'affrontent et coexistent. La fin de la Russie paysanne et les débuts de la Russie communiste, telle est la trame de cette Vie quotidienne des paysans russes de la Révolution à la Collectivisation.

  • Le Goulag

    Nicolas Werth

    L'ouverture des archives du Goulag.
    Depuis l'ouverture au début des années 1990 des archives de l'ex-URSS, une immense source d'informations minutieuses, due notamment aux quelque 100 000 fonctionnaires de l'administration du goulag, a été offerte aux historiens pour comprendre le système concentrationnaire soviétique.
    Un univers complexe.
    Cette révolution documentaire a permis de dévoiler un univers complexe, à plusieurs cercles, par lequel, le temps dune génération (1930-1950), vingt millions d'individus sont passés (un homme adulte sur cinq).
    Le quotidien du Goulag.
    Nicolas Werth propose ici la première synthèse d'une décennie de recherches qui met en lumière de manière très complète l'évolution du goulag et des différents types de camps de 1918 à la fin de l'ère stalinienne, la sociologie dune population disparate et changeante, la vie quotidienne dans les camps, l'économie du goulag, ainsi que la porosité des frontières entre univers concentrationnaire et société civile et la brutalisation généralisée des rapports sociaux qui en a résulté.

  • Une famine provoquée par la collectivisation des campagnes En 1931-1933, six millions de paysans meurent de faim en URSS au cours de la dernière grande famine européenne. Une famine qui ne doit rien aux conditions météorologiques, mais est la conséquence directe de la collectivisation forcée des campagnes mise en oeuvre, à partir de 1930, par Staline. Une famine passée sous silence jusqu'à la chute de l'URSS.
    Le silence sur cette hécatombe (le chiffre de six millions de morts en rappelle un autre, de la même ampleur) allait durer jusqu'à la perestroika gorbatchévienne. Depuis la chute de l'URSS, l'ouverture des archives soviétiques a permis de faire la lumière sur cette tragédie.
    Quelle est la responsabilité de Staline ? Quelle a été la responsabilité directe de Staline et des dirigeants soviétiques dans cette famine occultée ? Comment l'imposition du système kolkhozien, à la suite de la collectivisation forcée des campagnes, a-t-elle débouché sur la famine ? En quoi celle-ci a-t-elle été différente des autres famines qua connue la Russie au cours des siècles ? Peut-on dire que Staline a voulu punir, par l'arme de la faim, les paysans qui résistaient à la collectivisation, vécue par eux comme l'imposition dun second servage ? A-t-il intentionnellement ciblé l'Ukraine, la région de l'URSS la plus touchée par la famine, pour briser ce qu'il appelait le « nationalisme ukrainien » dernier obstacle sur la voie de la dictature stalinienne ? Aujourd'hui, l'Ukraine post-soviétique non seulement commémore la « grande famine ukrainienne », mais en fait un élément central de sa construction identitaire face au grand voisin russe. Pour les dirigeants ukrainiens au pouvoir aujourd'hui, le Holodomor (la grande famine) nest rien de moins qu'un génocide perpétré par le régime stalinien contre toute la Nation ukrainienne.
    Qu'en pensent les historiens ? Cet enregistrement inédit est le premier document en français consacré au plus grand crime de masse du stalinisme.

  • Dès 1917, spontanément, les paysans russes se soulèvent contre le tsarisme. Ils vont ainsi contribuer à la victoire des bolcheviks. Mais si les paysans espéraient ainsi jouir enfin librement des terres confisquées aux grands propriétaires, les bolcheviks, eux, rêvaient de les collectiviser, de contrôler les campagnes dont dépendaient le ravitaillement des villes et le salut de la révolution. Ce "malentendu" historique s'accompagne d'une incompréhension mutuelle. Dans un monde rural réfractaire au changement, déshérité, isolé, s'est développée une civilisation paysanne originale et autonome. Elle va de l'art de construire une izba à une conception du droit de propriété et à une pratique du christianisme tout à fait particulières. Pour les bolcheviks, cette civilisation n'est que barbarie et crétinisme. Ils lancent contre elle des "croisades culturelles", des missionnaires athées, de jeunes communistes qui "liquideront" l'analphabétisme et célèbreront dans les villages le 1er mai, la "Trinité prolétarienne". Pour briser les résistances, le régime finira par procéder à la collectivisation forcée des campagnes. Ce grand tournant dans la vie paysanne allait être fatal à la civilisation rurale traditionnelle. Pendant deux décennies - 1920-1940 - l'Ancien et le Nouveau s'affrontent et coexistent. La fin de la Russie paysanne et les débuts de la Russie communiste, telle est la trame de cette Vie quotidienne des paysans russes de la Révolution à la Collectivisation.

  • Octobre 1917 : dans le tumulte de la Grande Guerre, le coup d'État bolchevique apparaît comme un épisode parmi d'autres. Mars 1953 : la mort de Staline fait la Une de tous les journaux. Entre-temps, l'URSS est devenue la seconde puissance mondiale. Le modèle soviétique prétend, au nom du progrès, conquérir le monde et se pose en concurrent de la démocratie libérale. Il inquiète les uns et fascine des millions d'autres, qui ne connaissent de l'URSS que les images embellies qui filtrent de ce lointain pays.

  • Octobre 1917 : dans le tumulte de la Grande Guerre, le coup d'État bolchevique apparaît comme un épisode parmi d'autres. Mars 1953 : la mort de Staline fait la Une des journaux du monde entier. Entre-temps, l'URSS est devenue la seconde puissance mondiale. Le modèle soviétique se pose en concurrent de la démocratie libérale. Il inquiète les uns et fascine des millions d'autres, qui ne connaissent de l'URSS que les images embellies filtrant de ce lointain pays. De la révolution d'Octobre à la mort de Staline en passant par la NEP, le pacte germano-soviétique et la constitution d'un bloc soviétique, cet ouvrage retrace les premières décennies de l'URSS et pose le problème de la continuité comme des ruptures entre la théorie léniniste et la pratique stalinienne.

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