• John, journaliste, travaille pour un magazine new-yorkais. Il planche sur un article consacré aux alcools dans le monde, et compte sur «la Frenchie», une amie installée en Normandie, pour se documenter. Par ignorance, il assimile le calvados à un whisky français et établit un rapprochement entre la prohibition et le commerce illicite de la goutte.

    Bien malgré elle, la Frenchie s'engage dans une enquête qui la mènera, de surprise en surprise, au coeur de la filière normande. Elle réalise que ce terroir, qu'elle croyait connaître, recèle de lourds secrets et protège une économie souterraine qui défie l'État et brasse des millions contre des litres d'un alcool dénaturé. Elle sympathise avec les héros, des hommes que tout oppose.

    L'un, Louis Savignard, fonctionnaire exemplaire, s'est appliqué à faire respecter la loi ; l'autre Louis Giroud, a passé sa vie à la contourner, moins par goût du gain que pour donner un piquant à sa vie. Une galerie de portraits, d'hommes authentiques, au caractère bien trempé, qui se livrent à une partie de cache-cache, de gendarmes-voleurs, bien réelle.

    C'est dans le Domfrontais, mais aussi dans les territoires proches de la Manche, du Calvados et de la Mayenne, que la filière normande trouve ses racines, loin «des planches» deauvillaises, dans le bocage, où l'on cultive la discrétion, où l'on prend prétexte du vent pour s'abriter derrière les haies, alors qu'on veut simplement échapper aux regards de ses voisins.

  • Le récit commence le 8 décembre 1825, alors que le clocher de Montlouis vient juste de sonner, et qu'un cavalier traverse le bourg à vive allure avant de reprendre la levée de la Loire, en direction de Tours. Il se termine, vingt ans plus tard, alors qu'un marinier surnommé Tourangeau appareille du port de Tours et murmure, regardant le fleuve : « sacrée rivière, tu as rempli ma vie... ». Ces vingt années sont contées d'une plume alerte, la fiction y côtoyant sans cesse la réalité historique. Il y a là comme le plus beau des romans d'amour : celui qui lie un homme à son métier. Et parce que ce métier, celui de marinier sur la Loire, a disparu aujourd'hui, sa reconstitution demande érudition et sens de l'évocation. L'auteur en témoigne, mais jamais son savoir n'alourdit le vivant récit. Les héros sont ici les gabares de Loire, lourdement chargées, le chemin de fer naissant qui menace la batellerie, le fleuve avec ses crues et ses langueurs. Et, visage inoubliable, notre ami Tourangeau, marinier sur la Loire,

  • La belle confiance

    Marie-France Comte

    • Ecir
    • 11 Octobre 2006

    1847, Jean, dit Tourangeau, batelier sur la Loire, vit seul sur sa gabare, La Confiance. Il a pour seule passion le fleuve, bravant sa dureté et ses colères si violentes parfois. Malgré la concurrence des compagnies de bateaux à vapeur et celle, redoutable, du chemin de fer, Jean continue à défier les flots en espérant que son fils prendra la relève. Un jour, il accepte d'embarquer sur sa gabare Manolo, un marchand ambulant. Habile à embobiner le client pour vendre ses flacons d'élixir, cet homme étrange est un véritable utopiste qui rêve de grands horizons. Contre toute attente, une solide amitié unit les deux hommes contre l'adversité de cette époque troublée. Marie-France Comte a su, dans un style vivant, tantôt bouillonnant, tantôt langoureux à l'image du fleuve dont elle parle, allier subtilement la fiction romancée et la réalité historique. Ce livre est avant tout un roman d'amour... L'amour d'un homme pour son métier, pour un fleuve auquel il est prêt à tout donner.

empty