• Les théories de la connaissance Nouv.

    Élaborer une théorie de la connaissance, c'est s'attacher à démonter les mécanismes producteurs du savoir, identifier les présupposés théoriques et les implications métaphysiques qui en règlent l'exercice. C'est aussi interroger les dimensions métaphysiques et éthiques que révèle tout acte de connaître.
    Jean-Michel Besnier présente et explique les modèles épistémologiques qui rendent compte de l'acquisition des connaissances. Il situe l'apport contemporain des sciences cognitives dans le sillage des conceptions philosophiques traditionnelles.

  • L´homme cédera-t-il la place dans un futur proche à des créatures de son invention, mi-machines, mi-organismes, posthumains issus du croisement des biotechnologies, des nanotechnologies, de l´intelligence artificielle et de la robotique ? Cette perspective est chaque jour un peu moins de la science-fiction et fait rêver les uns tandis qu´elle inquiète les autres. De fait, les spéculations sur les posthumains et l´humanité élargie, capable d´inclure autant les animaux que les robots ou les cyborgs, se déploient en rupture avec la perspective qui a longtemps été celle de Descartes : nous rendre « maîtres et possesseurs de la nature ». C´est au contraire un monde de l´imprévisible, du surgissement aléatoire qui se dessine, rendant inutile ou vaine l´initiative humaine. L´auteur propose ainsi de définir ce que serait une éthique délivrée des mythes de l´humanisme classique (l´intériorité et l´obligation morale), une éthique posthumaniste qui pourrait bien s´avérer nécessaire dans le monde d´aujourd´hui.

  • Élaborer une théorie de la connaissance, c'est s'attacher à démonter les mécanismes producteurs du savoir, identifier les présupposés théoriques et les implications métaphysiques qui en règlent l'exercice. C'est aussi interroger les dimensions métaphysiques et éthiques que révèle tout acte de connaître.
    Cet ouvrage présente les modèles épistémologiques qui rendent compte de l'acquisition des connaissances. Il situe l'apport contemporain des sciences cognitives dans le sillage des conceptions philosophiques traditionnelles.

  • Le sage était, traditionnellement, celui qui savait trouver sa place dans le cosmos et s'y tenir ! Celui qui savait tempérer ses désirs et les soumettre à un principe de réalité. Il aspirait, dit-on, à la sérénité et au bonheur que seule procure la sagesse. Mais, de l'enfant sage qui s'ennuie au vieux sage qui ennuie, de quelle sagesse parle-t-on ? Et qu'en est-il à l'heure de la mondialisation, de l'explosion technologique et des rêves de transhumanisme ?
    On a souvent associé sagesse à ascèse, renoncement voire sacrifice. Sans s'aviser des risques que comporte parfois l'amour immodéré de l'absolu : les perversions terroristes, les comportements suicidaires, les fanatismes de toutes sortes. Moins glorieuse sans doute, la sagesse de l'ordinaire ne revendique pas d'absolu mais témoigne d'un savoir-faire sa vie, dans la justesse et la cohérence. Elle n'oublie pas, à l'occasion, ce qu'avait compris Erasme : ce qui fait le charme de l'existence, c'est, encore et toujours, le grain de folie !

  • Les transformations technologiques de notre environnement, qu´il soit professionnel ou quotidien, visent avant tout à nous simplifier la vie. Et elles y parviennent, au-delà de nos plus folles espérances. Mais ce faisant, dotés d´une multiplicité de prothèses toujours plus performantes, nous ne nous percevons pas que nous sommes ainsi toujours plus adaptés aux machines, c'est-à-dire à des logiques de fonctionnement qui se résument en séquences automatisables, en choix binaires, en injonctions dépourvues d´ambigüité. Dans ce livre, c´est à l´analyse de cet « homme simplifié » que se livre Jean-Michel Besnier, décrivant comment l´irritation qui peut nous saisir parfois devant la nécessité toujours renouvelée d´appuyer sur la touche étoile de notre téléphone portable, est emblématique d´une déshumanisation profonde de notre relation au monde et aux autres. Dans le conflit des deux cultures diagnostiqué par Edgar Snow, c´est la culture scientifique d´orientation déterministe qui a gagné, triomphant de la vieille culture humaniste, porteuse d´une exigence de réflexion intérieure surannée. Ce livre sonne ainsi comme un cri d´alarme : faute de nous ressaisir à temps, nous serons bientôt conduits, avec notre consentement, à n´être que des systèmes programmés que des stimuli machiniques ou médicamenteux viendront protéger de toute perturbation et de toute inquiétude, mais aussi de toute émotion, amoureuse, esthétique ou même intellectuelle.

  • Clones, robots, cyborgs, organes artificiels...: la science-fiction d'hier devient notre réalité et l'on se demande déjà comment préserver une définition de l'humain. Chez ceux que les machines fascinent, Jean-Michel Besnier perçoit une forme de lassitude voire de honte d'être seulement hommes. Aux autres qui, au nom d'idéaux humanistes, refusent les progrès techniques, il reproche en revanche leur inconséquence: n'ont-ils pas cru que la liberté humaine consistait à s'arracher à la nature ce que la technique permet d'obtenir effectivement? Les métaphysiciens de toujours souhaitent que l'Esprit triomphe de la Nature. Les visionnaires d'aujourd'hui, proclamant l'avènement du posthumain, annoncent la réalisation concrète de cette ambition. Grâce à son ingéniosité, l'homme n'aura bientôt plus le souci de naître: il s'autoproduira. Il ne connaîtra plus la maladie: des nanorobots le répareront en permanence. Il ne mourra plus, sauf à effacer volontairement le contenu téléchargé de sa conscience. Mais comment vivrons-nous dans ce monde-là? Quelle éthique nous mettra en harmonie avec une humanité élargie, capable d'inclure autant les animaux que les robotsou les cyborgs? Quels droits, par exemple, devrons-nous accorder à ces robots chargés, là où les hommes sont défaillants, de rendre nos fins de vie plus humaines? Les utopies posthumaines nous obligent à affronter ces questions, à évaluer nos dispositions à engager le dialogue avec cet autre, hier animal ou barbare, aujourd'hui machine ou cyborg. N'est-ce pas là justement, aujourd'hui comme hier, que se joue la grandeur de l'humain?Jean-Michel Besnier, né en 1950, est professeur de philosophie à l'université Paris-Sorbonne (Paris IV) et membre du Centre de recherche en épistémologie appliquée (le CREA, laboratoire de l'École polytechnique et unité du CNRS). Il appartient aux comités d'éthique du CNRS (le COMETS) et de l'INRA (le COMEPRA). Il est l'auteur d'une douzaine de livres, dont une Histoire de la philosophie moderne et contemporaine (Grasset, 1993; Le Livre de poche, 1998).

  • On ne sait plus aujourd'hui où donner du respect.
    S'imagine-t-on avoir tant et si bien triomphé du temps qu'il ne s'agisse de rien d'autre, désormais, qu'idolâtrer le statut quo ? Respect des droits de l'homme : qui ne le voudrait ? Respect des animaux : ils souffrent comme nous. Respect des arbres : il faudrait être un chien. Respect de la terre : l'écosystème vit, lui aussi, semblable à n'importe quel organisme. Et des non-fumeurs, des embryons, du passé, des convictions religieuses, des femmes, du code de la route, des posologies...
    Mis sous le signe de l'irrespect, ce livre rassemble des études sur un auteur, Georges BATAILLE, qui se moquait bien d'être en odeur de sainteté mais qui ne fut pourtant pas un provocateur.
    Tout au plus, était-ce un homme " impossible ", avant tout soucieux de penser aux limites et de ne pas s'en laisser conter par les bons sentiments ou l'autorité des maîtres de la tradition.

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    jean-michel besnier

    demain les posthumains
    clones, robots, cyborgs, organes artificiels...: la science-fiction d'hier devient notre réalité et l'on se demande déjà comment préserver une définition de l'humain.
    chez ceux que les machines fascinent, jean-michel besnier perçoit une forme de lassitude - voire de honte - d'être seulement hommes. aux autres qui, au nom d'idéaux humanistes, refusent les progrès techniques, il reproche en revanche leur inconséquence: n'ont-ils pas cru que la liberté humaine consistait à s'arracher à la nature - ce que la technique permet d'obtenir effectivement?
    les métaphysiciens de toujours souhaitent que l'esprit triomphe de la nature. les visionnaires d'aujourd'hui, proclamant l'avènement du posthumain, annoncent la réalisation concrète de cette ambition. grâce à son ingéniosité, l'homme n'aura bientôt plus le souci de naître: il s'autoproduira. il ne connaîtra plus la maladie: des nanorobots le répareront en permanence. il ne mourra plus, sauf à effacer volontairement le contenu téléchargé de sa conscience.
    mais comment vivrons-nous dans ce monde-là? quelle éthique nous mettra en harmonie avec une humanité élargie, capable d'inclure autant les animaux que les robotsou les cyborgs? quels droits, par exemple, devrons-nous accorder à ces robots chargés, là où les hommes sont défaillants, de rendre nos fins de vie plus humaines? les utopies posthumaines nous obligent à affronter ces questions, à évaluer nos dispositions à engager le dialogue avec cet autre, hier animal ou barbare, aujourd'hui machine ou cyborg. n'est-ce pas là justement, aujourd'hui comme hier, que se joue la grandeur de l'humain?
    jean-michel besnier, né en 1950, est professeur de philosophie à l'université paris-sorbonne (paris iv) et membre du centre de recherche en épistémologie appliquée (le crea, laboratoire de l'école polytechnique et unité du cnrs). il appartient aux comités d'éthique du cnrs (le comets) et de l'inra (le comepra). il est l'auteur d'une douzaine de livres, dont une histoire de la philosophie moderne et contemporaine (grasset, 1993; le livre de poche, 1998).

  • Les biotechnologies (maîtrise de la naissance), les technologies d'information (multiplication des objets intelligents), la robotique (artificialisation de l'humain), les nanotechnologies et les neurosciences (maîtrise du vieillissement, de la souffrance et de la mort elle-même), sont en train de bouleverser très rapidement ce que nous sommes : nos corps, nos esprits, notre langage, notre rapport au monde, notre héritage naturel ; et font naitre des utopies transhumanistes. Pourrons nous un jour grâce à ces technologies accroitre nos capacités physiques et mentales, résister à tous les virus, accroitre nos intelligences, trouver l'éternelle jeunesse ; bref nous affranchir de ce que c'était que d'être humain, c'est à dire imparfait, limité et mortel ?

    Jean-Michel Besnier s'interroge sur les raisons de vouloir écarter le corps biologique et de souhaiter s'arracher à ce qui fait de nous des humains, distincts des animaux, des dieux et des machines. Il nous invite, en laissant de côté les positions morales trop simplistes qui conduisent au refus craintif du progrès ou à des positions antihumanistes, à nous interroger sur nos devenirs possibles, sur les valeurs existantes et à inventer qui fondent notre nouvelle humanité.
    Il sera donc question de science (qui n'est plus de fiction), de sociologie et de philosophie dans un questionnement radical et d'une grande actualité.

  • Brouillage des identités politiques, perte des repères intellectuels et moraux, oscillation entre la révolte et la résignation : à qui veut saisir le vertige des temps de crise, les années trente offrent tout cela. Honni ou adulé, Nietzsche s'y révèle maître à penser sans interdire à Kojève d'imposer alors l'autorité de Hegel et l'incroyable démonstration de La fin de l'Histoire. Rien ne mobilise autant que la conviction de l'irrémédiable. Mais plus qu'à l'engagement pour quelque cause universelle, l'époque pousse à s'immerger dans les combats de l'heure, pour en capter l'exaltation collective.
    Le modèle de l'intellectuel sartrien paraîtra bien fade au regard de la frénétique volonté d'agir, même sans perspectives, qui dévore en France, à la veille de la guerre, nombre de gens de lettres. Jean-Michel Besnier montre ici à quel point Georges Bataille est exemplaire de cette volonté qui le destine, pense-til, à l'impossible. Son itinéraire connaît la violence des orages et l'obstination silencieuse des désirs.
    Les années trente sonnent le glas de « la volonté d›être tout » que philosophes hégéliens, marxistes et fascistes ont peu ou prou cultivée, jusqu'à l'absurde et au monstrueux.
    Jean-Michel Besnier présente et confronte dans ce livre les destins intellectuels de ceux qui ont donné à l'époque sa tonalité. L›auteur mêle l'histoire des idées, la critique philosophique de la notion d'engagement et la réflexion politique sur le rôle des intellectuels, offrant ainsi d'une période qui nous hante encore l'image d'un désarroi de combat.

  • Exposer, chaque fois en une vingtaine de pages, l'ensemble d'un système philosophique en convoquant : la biographie du philosophe, le contexte historique de son élaboration, ses grandes articulations, sa postérité et les débats qui s'en sont déduits. une bibliographie détaillée et commentée suit chaque chapitre. ainsi, l'étudiant ou le simple honnête homme trouvera là un manuel de référence qui, de machiavel à sartre, de kant à merleau-ponty ou heidegger, de hume à leibniz ou à rousseau, expose une pensée sous tous ses aspects.

  • Doit-on s'inquiéter du succès de Harry Potter et de ses amis magiciens, de la saga toute médiévale du Seigneur des anneaux, de l'Alchimiste de Paulo Coelho, de la réécriture de l'histoire du christianisme imposée par Dan Brown avec le " Da Vinci Code "...
    ? Doit-on s'inquiéter de toutes ces manifestations d'un engouement du public pour " ce qui ne s'explique pas ", pour " ce qui dépasse l'entendement "... ? On répondra que la raison est desséchante et que nous avons besoin de rêver, que l'on fait beaucoup de bruit pour rien et que, par exemple, le recours à la voyance qu'avouent des hommes politiques ou des chefs d'entreprise ne prête pas à conséquence - pas plus que la soutenance d'une thèse en Sorbonne consacrée à l'astrologie et qui défraya la chronique, il y a quelques années.
    Tout cela, répétera-t-on, signale l'air du temps qui est au New Age. Après tout, on ne change pas de millénaire impunément. Je serais tout disposé à me rallier à un certain irénisme, c'est-à-dire à minimiser le problème s'il ne s'exprimait pas quelquefois, sous des formes alarmantes.

  • Cyborgs, surhommes, mutants, clones, et robots Les biotechnologies, les technologies d'information, la robotique, les nanotechnologies et les neurosciences, sont en train de bouleverser très rapidement ce que nous sommes : nos corps, nos esprits, notre langage, notre rapport au monde et notre héritage naturel, et elles nourrissent des utopies transhumanistes.
    Les utopies transhumanistes.
    Mais que signifie l'espoir mis dans ces technologies pour accroître nos capacités physiques et mentales, résister aux virus, trouver l'éternelle jeunesse, bref nous affranchir de notre condition humaine imparfaite, limitée et mortelle ?
    Un questionnement philosophique dune grande actualité.
    Jean-Michel Besnier explore ces utopies transhumanistes et s'interroge sur les raisons de vouloir écarter le corps biologique et de souhaiter s'arracher à ce qui fait de nous des humains, distincts des animaux, des dieux et des machines. Il nous invite, en laissant de côté les positions morales trop simplistes qui conduisent au refus craintif du progrès technologique ou à des positions antihumanistes, à nous interroger sur nos devenirs possibles, sur les valeurs existantes et à inventer qui accompagneraient notre nouvelle humanité. Un questionnement philosophique dune grande actualité.

  • Élaborer une théorie de la connaissance c'est s'attacher à démonter les mécanismes producteurs du savoir, identifier les présupposés théoriques et les implications métaphysiques qui en règlent l'exercice. C'est aussi interroger les dimensions métaphysiques et éthiques que révèle tout acte de connaître. Cet ouvrage présente les modèles épistémologiques qui rendent compte de l'acquisition des connaissances, en précisant l'apport contemporain des sciences cognitives.
    Jean-Michel Besnier est professeur de philosophie à l'Université de Paris IV, membre du Centre de recherche en épistémologie appliquée (CREA-CNRS/École polytechnique).

  • Jean-Michel Besnier présente et confronte dans ce livre les destins intellectuels de ceux qui ont donné à l'époque sa tonalité. L'auteur mêle l'histoire des idées, la critique philosophique de la notion d'engagement et la réflexion politique sur le rôle des intellectuels, offrant ainsi d'une période qui nous hante encore l'image d'un désarroi de combat.

  • Fondée en 1941 par Paul Angoulvent, traduite en 40 langues, diffusée pour les éditions françaises à plus de 160 millions d'exemplaires, la collection " Que sais-je ? ", est aujourd'hui l'une des plus grandes bases de données internationales construite, pour le grand public, par des spécialistes.
    La politique d'auteurs, la régularité des rééditions, l'ouverture aux nouvelles disciplines et aux nouveaux savoirs, l'universailité des sujets traités et le pluralisme des approches constituent un réseau d'informations et de connaissance bien adapté aux exigences de la culture contemporaine.

  • Dans ce livre, un philosophe entreprend une « traversée des sciences » et apporte le point
    de vue de la philosophie dans l'approche des grands problèmes scientifiques. Par exemple :
    sur le temps, sur l'infini, sur la finalité dans les sciences, sur les enquêtes cosmologiques,
    sur le déterminisme ou sur les révolutions scientifiques. A chaque fois, il s'agit de mettre en
    perspective le point de vue scientifique, d'inscrire dans un contexte culturel élargi une
    actualité scientifique susceptible d'engager un débat ou une prospective.
    Les physiciens affrontent-ils la question de l'infini spatio-temporel, que le philosophe
    rappellera les débats qui ont bouleversé la conception du monde finitiste. Sont-ils aux prises
    avec les paradoxes induits par la relativité générale ou la mécanique quantique, on évoquera
    les difficultés rencontrées par les philosophes pour décrire (sinon expliquer) le temps.
    Avouent-ils qu'ils sont habités du désir de formuler quelque « équation du tout », l'histoire
    de la métaphysique leur offrira un cadre pour situer et évaluer leur ambition totalisante. Sur
    chacun de ces points, et sur d'autres, la mise en perspective n'est pas seulement
    pédagogique. Il s'agit bien sûr d'illustrer la maturation des problèmes et de dessiner
    l'odyssée de l'esprit humain. Mais la rencontre du scientifique et du philosophe a d'autres
    vertus : elle permet de dresser la toile de fond de débats qui mettent en présence des
    disciplines différentes (par exemple, s'agissant du temps, la physique des particules, la
    cosmologie, la chronobiologie ou l'ingénierie des communications).
    La philosophie offre un référentiel commun, qui dépasse l'atomisation des spécialités. Elle
    peut fournir les éléments d'une mise en commun des problèmes qui intéressent la cité
    scientifique et, au-delà, la société globale. C'est qu'en effet, la philosophie puise les sources
    de son questionnement dans la confrontation avec le sens commun : d'où vient que ce que
    l'on croit savoir se trouve mis en péril par ce que l'on découvre (non seulement sur le terrain
    de la science mais au détours de la simple conversation informée) ? D'où vient qu'il y ait ce
    que l'on sait (et pas seulement qu'il y ait quelque chose plutôt que rien) ? D'où vient que
    l'inacceptable d'hier puisse devenir l'évidence d'aujourd'hui (par exemple le fait de
    l'évolution biologique) ? Que le philosophe ait constamment à s'expliquer avec les
    résistances du sens commun lui confère un avantage sur le scientifique : il est réceptif aux
    arguments (légitimes) ou aux préjugés (fantasmagoriques) qui hypothèquent l'acceptation
    des résultats de la science en voie de constitution ; il est rompu à l'exercice consistant à
    traduire en langage vernaculaire l'enjeu de ces résultats, au risque parfois de la
    simplification mais aussi au profit de la communauté scientifique elle-même qui pourra
    traverser les frontières disciplinaires qui la découpe. Le rôle de passeur incombe au
    philosophe plus que jamais. Les problèmes soulevés par les développements des sciences et
    des techniques sont ses problèmes : l'histoire des idées en convainc facilement. Les
    résistances et les ignorances de ses contemporains constituent ses mobiles de toujours : il
    n'est pas de philosophie sans le courage de braver l'inertie intellectuelle et de combattre
    l'irrationalisme.
    Les textes réunis dans cet ouvrage ne relèvent pas de la philosophie des sciences
    proprement dite, même s'ils peuvent analyser la méthodologie ou le paradigme à l'oeuvre
    dans telle démarche scientifique (par exemple, dans les sciences du cerveau). Ils ne
    s'inscrivent pas non plus dans l'histoire des sciences telle qu'on l'encourage à l'université. Il
    s'agit de faire en sorte que la science ne se coupe pas du sens commun, c'est-à-dire du
    continuum des idées qui définissent la culture et les idéaux de nos sociétés.

  • Le transhumanisme est un mouvement technico-scientifique international qui prétend augmenter à l'infini les performances physiques et mentales de l'être humain.
    Aujourd'hui vous pouvez déjà faire séquencer votre ADN en une journée, pour, peut-être un jour, le réparer, tandis qu'Internet bouleverse nos modes d'apprentissage et nos relations sociales. Demain, l'intelligence artificielle aura-t-elle encore besoin de l'intelligence humaine et ferons-nous l'amour avec des robots?
    Laurent Alexandre, Médecin et entrepreneur, et Jean-Michel Besnier, philosophe spécialiste des nouvelles technologies, confrontent leurs arguments et vous donnent les clés pour comprendre ce qui se joue à coups de milliards dans les labos des sociétés High Tech californiennes.

  • Naguère souveraine, la science est aujourd'hui en question : cible de cri-tiques d'ordre philosophique ou politique, tenue pour responsable de maintes dérives du monde actuel, quand elle n'est pas victime de l'ignorance et du désintérêt.
    L'illusion même d'une science unitaire, omnisciente et transcendante, de la mathesis universalis chère à Leibniz, s'est dissipée, y compris à l'intérieur d'un champ de connaissances dont aucun spécialiste ne maîtrise la totalité. Signe des temps : le beau nom de " savant " - de qui goûte la saveur du savoir - a cédé la place au sec " scientifique ", élément anonyme d'un complexe réseau. Et pourtant, la science - l'univers de techniques innovantes, d'évaluations quantitatives, d'expertises aiguës qu'elle ne cesse de créer - reste, autant que l'antique fondement religieux, le socle idéal de nos sociétés, celui qui façonne nos modes de vie et nos schémas mentaux.
    Au point qu'une nouvelle métaphysique de la technoscience triomphante promet, tel le Pantagruélion rabelaisien, de tout expliquer et de tout résoudre ! Qu'est-ce que la science ? Que peut-elle ? Que vaut-elle ? Les questions de Kant restent celles que le public, spontanément, pose à une recherche aussi profondément engagée dans le devenir de nos sociétés. Comment en comprendre les origines et le développement, l'essence paradoxale, l'extrême complexité qui vire, désormais, à l'incommunicabilité et donne prise à la confusion ? Comment en apprécier les résultats tout en en mesurant les limites et les risques ? Comment éviter le relativisme désabusé ou le rejet pur et simple ? Comment sortir du flou, des approximations et des idées toutes faites ? Les réponses à ce faisceau de questions ne peuvent être que plurielles.
    Et ludiques : la réflexion est un jeu de miroirs où les divers points de vue se concentrent et s'éclairent, de prismes où ils se diffractent. Aussi deux chercheurs - un biologiste et un physicien - et deux philosophes se livrent-ils au libre jeu des échanges entre les perspectives qu'ils dessinent, et des rebonds sur les questions que leur posent les représentants, non spécialistes, de la société civile.
    Il en ressort toute une série d'aperçus concrets, aussi excitants pour l'esprit qu'essentiels à la compréhension de ce qui se joue : sur le boson de Higgs, les théories physiques et la prévision, par le calcul, de réalités à vérifier par l'expérimentation ; sur le traitement individuel de l'atome et l'engouement pour lus nanotechnologies ; sur le créationnisme niant l'évolution ; sur le transhumanisme promettant de remodeler l'homme...
    Illustrer ainsi la grandeur de l'esprit scientifique et la conscience honnête de ses limites comme de son essentiel inachèvement en est la meilleure défense : c'est, du même coup, l'appel à une authentique culture, ouverte à la complexité, soucieuse des implications, désireuse de " l'expansion des choses infinies ".

  • Une entreprise apprend-elle comme un cerveau ? Faut-il renoncer à croire dans le libre-arbitre ? L'altruisme est-il fondé scientifiquement ? Nos facultés cognitives peuvent-elles résister à l'âge, voire être augmentées . ? Les attentes et questions adressées aux spécialistes du cerveau sont exorbitantes.
    Les neurobiologistes sont volontiers enthousiastes et confiants : grâce à l'imagerie cérébrale et à la modélisation informatique, ils découvrent les formidables ressources de la plasticité cérébrale. Mais comment exprimer les promesses des neurosciences sans éviter les écueils du scientisme ou l'irénisme?
    Nous avons choisi une formule qui évoque celle des bons pédagogues dotés du sens de la question, ne craignant pas le tâtonnement et le détour, pratiquant même l'ironie et l'humour. Voici une conversation qui suit les circonvolutions de son sujet !
    Confronté à trois candides gourmands de sciences, le neurobiologiste ne fait pas la leçon : il « parle » son savoir et débride ainsi la curiosité de ses interlocuteurs. Il s'agit d'éprouver scientifiquement et philosophiquement des opinions diffuses- des opinions qui conditionnent déjà de nouvelles conceptions ou stratégies dans le monde de l'entreprise, dans les milieux de l'éducation et de la santé ou dans les colloques universitaires.

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