• « . de 1958 à 1962 De Gaulle a dû aller en urgence et très dramatiquement à l'essentiel du rôle historique dont on le crédite aujourd'hui : parachever la décolonisation à la française, dire un adieu terrible et sanglant à la dernière terre d'empire, les 3 départements d'Algérie, sans renoncer à conduire la bataille du rang en politique étrangère et tout en promettant à la France désormais pacifiée mais réduite à l'hexagone et à quelques confettis d'empire, sa modernisation et sa régénération. »
    C'est ce récit détaillé que Jean-Pierre Rioux nous livre ici : une histoire politique de la décolonisation, mais également la révélation des débats intérieurs d'un homme qui eut à choisir entre deux conceptions de la « grandeur de la France », l'une tournée vers le passé colonial, l'autre tournée vers la modernité.

  • Le front populaire

    Rioux J-P

    Le Front populaire est parvenu au pouvoir il y a 70 ans. Dans la mémoire collective, il
    incarne la victoire des forces de gauche coalisées (radicaux, socialistes et communistes). Et
    l'inscription dans la loi des premiers acquis sociaux. Il a, en contrepartie, suscité des critiques
    virulentes de la part de ses adversaires politiques : il aurait capitulé, à Munich, devant Hitler ; il
    serait responsable, par négligence ou impéritie, de la défaite militaire de 1940 ; il aurait voté les
    pleins pouvoirs à Pétain... Son combat le plus fameux, la lutte contre le fascisme, qui présida à sa
    naissance, est enfin, depuis l'ouverture des archives soviétiques, soumis à un éclairage nouveau :
    ce mot d'ordre était aussi, pour Moscou, un formidable outil de propagande et de manipulation des
    intellectuels et des opinions publiques.
    Aujourd'hui, à l'heure des bilans, au-delà des passions partisanes, quel jugement peut-on
    porter sur le Front populaire ? Entre le mythe fondateur de la gauche française et l'outil de Moscou
    à l'origine de la déstabilisation du patronat de droit divin, les historiens tels que Jean-Pierre Rioux,
    Michel Winock, Stéphane Courtois, Serge Berstein, Jacques Marseille, tentent d'apporter un
    éclairage nouveau sur ce printemps de 36 chanté par les uns, vilipendé par les autres. On y
    apprend par exemple que l'antifascisme le plus affiché d'intellectuels tels que Gide ou Malraux était
    largement influencé par Moscou ; que les travailleurs en lutte n'avaient pas imaginé pouvoir
    réclamer au passage des congés payés ; que les élus de 36 sont loin d'avoir été les munichois les
    plus farouches proclamés par la droite...

  • De gaulle

    Rioux-J.P

    Biographie alerte d'un homme immense, celle-ci ne vise ni l'exhaustivité ni les secrets d'une vie. Elle interroge plutôt une rencontre : celle du général de Gaulle et de la France. Leurs itinéraires se recoupent en au moins trois carrefours : celui du 18 juin, bien sûr, et l'élan du refus altier opposé au déferlement nazi et aux complaisances vichyssoises ; celui du 13 mai 1958, ensuite, et d'une décolonisation qui se situe, malgré les ambiguïtés du départ, dans le droit fil de Brazzaville ; celui enfin, moins précisément datable, du choix européen et plus particulièrement de l'amitié franco-allemande. Ainsi de Gaulle est-il restitué à sa véritable dimension historique et politique, qui le met hors de portée de ses partisans comme de ses adversaires. Un Charles de Gaulle que l'auteur veut « considérer aujourd'hui d'un oeil éclairci, sans fidélité datée ni haine intempestive ».

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