Flammarion

  • Germinal Nouv.

    Germinal

    Emile Zola

    À Montsou, dix mille mineurs gémissent sous le poids d'une exploitation toujours plus forte ; parmi eux, Étienne Lantier, qui voudrait voir triompher ses idéaux socialistes. Quand la grève éclate, il en devient le chef, guidant les revendications des ouvriers, les incitant à la fermeté. Bientôt le coron est à court de pain, et la rébellion se durcit...
    Germinal, animé par un souffle épique, est le grand roman du peuple et de la révolte. Ainsi que l'écrivait Jules Lemaître en 1885 : "M. Zola a magnifiquement rendu ce qu'il y a de fatal, d'aveugle, d'impersonnel, d'irrésistible dans un drame de cette sorte, la contagion des colères rassemblées, l'âme collective des foules, violente et aisément furieuse..."

    Dossier :
    1. Le laboratoire du romancier
    o L'origine du roman
    o Quelques sources de Germinal
    2. Du scandale à l'admiration : réception de Germinal

  • En 1868, la critique s'épouvante et s'empresse de classer Thérèse Raquin, ce roman qui cherche à « plaire par l'horrible », parmi la littérature « putride ».
    Lorsque Laurent franchit le seuil de la mercerie des Raquin, c'est l'adultère, la passion et l'effroi conjugués qui pénètrent dans ce foyer insipide. Avec une précision chirurgicale, Zola peint l'ennui viscéral de Thérèse et la médiocrité de sa vie conjugale. À la morosité succède la fureur sexuelle, à la haine enfouie la frénésie de meurtre.
    Drame expressionniste, étude de crime, roman expérimental, récit fantastique : Thérèse Raquin est conçue par son auteur comme un manifeste de la modernité. Son matérialisme provocant et l'impudeur des descriptions ont choqué nombre de ses contemporains. À la lumière des théories de Freud et de Bataille, cette édition propose une lecture renouvelée d'un roman que Zola a écrit en peintre et qui possède l'énergie éclatante d'un coup de pinceau.
    Dossier :
    1. Structure du récit : le squelette de Thérèse Raquin
    2. Des personnages naturalistes
    3. La peinture en toile de fond de l'écriture zolienne
    4. Destin de l'oeuvre : du scandale au manifeste

  • Au bonheur des dames

    Emile Zola

    En face de la pauvre boutique du père Baudu se dresse dans toute son arrogance le Bonheur des Dames, nouveau temple de la consommation féminine, dirigé par l'ambitieux Octave Mouret qui est prêt à tout pour faire prospérer son affaire. C'est alors sous le regard fasciné de la jeune provinciale Denise, bien décidée à travailler au Bonheur, que va se jouer la bataille du commerce moderne...
    Dénonciation des excès du système capitaliste, le onzième volume de la série des Rougon-Macquart, où fourmillent les descriptions des expositions aguicheuses et des étalages
    à faire rêver le chaland, est aussi le grand roman zolien du désir et de la joie.

    Dossier :
    1. Le naturalisme
    2. La préparation du roman naturaliste
    3. Intertextualité
    4. La réception du roman.

  • « Tout L'Assommoir peut se résumer dans cette phrase Fermez les cabarets, ouvrez les écoles », écrivait Zola en 1877.
    Afin d'atteindre son idéal - travailler, manger à sa faim et avoir toujours un endroit où dormir -, Gervaise, honnête blanchisseuse installée dans le quartier de la Goutte-d'Or, livre bataille à l'alambic du café voisin.
    Triomphera-t-elle de la « machine à soûler » les travailleurs ?
    Accusé de « bas-fondmanie » par les antinaturalistes, attaqué aussi par les républicains, qui lui reprochèrent d'avoir représenté le peuple sous des dehors hideux, Zola a voulu, dans le septième roman des Rougon-Macquart, « peindre la déchéance fatale d'une famille ouvrière, dans le milieu empesté de nos faubourgs ».
    Roman sur les ouvriers parisiens du Second Empire, L'Assommoir a la langue et l'odeur de la misère.

  • Nana ruine ceux qui la désirent : le banquier Steiner, le capitaine Hugon... tous seront séduits et conduits au désespoir par la «Vénus blonde». En décrivant la vie d'une courtisane, Zola dépeint, à la manière des moralistes, la débâcle de la société bourgeoise du Second Empire en un saisissant tableau de moeurs.

  • La bête humaine

    Emile Zola

    Des Batignolles à Auteuil, un mécanicien de locomotive erre, le couteau en main, hanté par une idée fixe : tuer une femme... Dans le train qui mène au Havre, un couple poignarde sauvagement un notable du régime impérial, avant de le jeter sur la voie. À la Croix-de-Maufras, lieu-dit reculé, un garde-barrière empoisonne son épouse, dans l'espoir de s'emparer de son magot.
    La Bête humaine n'est pas seulement le grand roman ferroviaire du maître du naturalisme : c'est aussi son grand roman du crime - un Dahlia noir signé Zola, où chaque personnage semble être tour à tour le traqueur et la proie. En 1888, au moment d'entamer ce qui allait devenir l'un des volumes les plus célèbres du cycle des Rougon-Macquart, Zola écrit : «Je voudrais quelque chose d'hallucinant, d'effroyable [...], qui reste à jamais dans la mémoire, qui donne un cauchemar à toute la France.»

    Dossier :
    1. Généalogie d'un criminel
    2. La symbolique du chemin de fer
    3. La réception du roman au XIXe siècle
    4. La Bête humaine et la pulsion de mort.

  • La curée

    Emile Zola

    « Dans l'histoire naturelle et sociale du Second Empire, La Curée est la note de l'or et de la chair. » C'est par ces mots que Zola annonce en 1871 le premier grand roman parisien de la série des Rougon-Macquart. En digne successeur de Balzac, il allie ici avec brio la satire et le récit, le tableau de moeurs et le drame, la fiction et une analyse socio-politique acérée du capitalisme conquérant. À travers l'histoire du couple formé par Saccard, le spéculateur frénétique, et Renée, la grande bourgeoise blasée, dans le Paris nouveau, bouleversé par les travaux d'Haussmann, le romancier dévoile les ressorts de la société moderne, qui est encore et toujours la nôtre.

    Dossier :
    1. Zola et la légende noire du Second Empire
    2. Roman, histoire et sciences sociales
    3. La Curée : histoire d'un titre
    4. Aux origines de La Curée : choix de textes.

  • Pénétrer la Bourse, cette «caverne mystérieuse et béante, où se passent des choses auxquelles personne ne comprend rien» : tel est l'un des buts que se donne Zola en écrivant L'Argent (1891). Spéculation, fraude, liquidation, krach : l'épopée de la Banque universelle fondée par Saccard pourrait être l'histoire d'une grosse machine lente à s'ébranler puis formidable dans sa destruction, conduite par un poète du million qui la chauffe jusqu'à la faire éclater. Mais ici, l'argent ne se résume pas à la folie du gain. Du jeune Sigismond, disciple de Marx, à la princesse d'Orviedo, figure de la charité, le romancier esquisse une multitude de rapports à l'argent. Et fait apparaître celui-ci, au bout du compte, comme une incroyable force de vie : «Je ne suis pas de ceux qui déblatèrent contre l'argent, écrivait Zola. Je pars du principe que l'argent bien employé est profitable à l'humanité tout entière.»

  • Au milieu des terres désolées de Provence, le jeune abbé Mouret vit dans l'adoration de la Vierge. Consumé par sa passion, usé par un désir qu'il ne comprend pas, il est envoyé au Paradou pour une convalescence tranquille. Dans ce parc enchanteur et luxuriant, réplique terrestre du jardin d'Éden, il succombe à l'amour dans les bras d'une jeune athée qui lui redonne goût à la vie.
    Qualifié par Huysmans de «poème», La Faute de l'abbé Mouret (1875) est, au-delà du drame d'un prêtre amoureux, un hymne à la nature, au soleil et aux forces vitales, un chant de l'amour et de la sensualité, qui révèle, en marge des «grands romans», un Zola plus trouble et plus secret.

  • Voici un roman centré autour d'un person-nage, et ce personnage lui-même ne vit que par et pour la politique. Voici un roman où la politique ne fait pas une apparition occasionnelle, comme dans L'Éducation sentimentale ou même dans Lucien Leuwen, mais qui, d'emblée, se propose de montrer les coulisses gouvernementales, aussi bien les aspects officiels de la vie politique que ses dessous, nous fait assister à une séance de l'Assemblée et à un Conseil des ministres. Un roman qui présente l'ambition politique comme une idée fixe, comme une passion mobilisant toutes les forces d'un homme. Ce n'est pas une mince originalité, du moins à la fin du xixe siècle. Rassurons-nous, en effet, toute cette histoire se passe sous le Second Empire : aucune allusion à notre époque n'est à craindre. Et pourtant...

  • Avec Les Romanciers naturalistes(1881), qui rassemble des études d'abord publiées en Russie dans Le Messager de l'Europe entre 1875 et 1880, Zola promeut les grandes figures incarnant à ses yeux le triomphe du roman au XIXe siècle. En tête du volume vient Balzac, le «père de notre roman naturaliste», puis Stendhal, le «mécanicien de génie». Flaubert, le «pionnier du siècle», trône en position centrale. Arrivent ensuite les frères Goncourt, pour leur aptitude remarquable à restituer les sensations, et Daudet, cet «écrivain de race». Avec une lucidité que ne démentira pas la postérité, Zola passe aussi en revue la cohorte des «romanciers contemporains», ces écrivains calamiteux qui saturent le marché du livre.
    Cette grande leçon de critique, qui fit alors scandale, élargit notre compréhension du naturalisme et éclaire en profondeur la poétique du genre. Visionnaire comme toujours, Zola s'y plaît à façonner l'histoire littéraire pour sacrer « les princes du roman».

  • Lorsqu'il épouse la noble Henriette, de treize ans sa cadette, le comte Maxime de La Roche-Mablon n'a vu la jeune fille que cinq fois et ne sait quasiment rien d'elle. Peu importe, au fond : elle est bien née et sa fortune est considérable !
    En observateur avisé, Zola croque avec humour la manière dont hommes et femmes s'unissent à son époque : de l'aristocratie au petit peuple, en passant par la haute bourgeoisie et les boutiquiers, comment, et surtout pourquoi, se marie-t-on sous le Second Empire ? Pour acquérir un nom ? une fortune ? une protection ? Et l'amour dans tout ça ?
    Si le mariage est « une affaire grave », « qu'il ne faut pas conclure à la légère », rien n'empêche d'en rire avec Zola.

  • Le recueil des Soirées de Médan (1880) témoigne de l'aventure littéraire exceptionnelle qui a réuni, autour de la défense du naturalisme, Zola et cinq de ses amis et disciples. Centré sur la guerre de 1870, cet ensemble de nouvelles, qui offre un condensé de l'écriture naturaliste, montre la faillite de l'autorité dans un monde dont la plupart des repères se sont effondrés face au drame de l'invasion et de l'occupation.

    Ce volume contient :
    L'Attaque du moulin, par Émile Zola
    Boule de suif, par Guy de Maupassant
    Sac au dos, par Joris-Karl Huysmans
    La Saignée, par Henry Céard
    L'Affaire du Grand 7, par Léon Hennique
    Après la bataille, par Paul Alexis

  • Zola conteur et nouvelliste ? La réponse a de quoi surprendre : on ignore le plus souvent que l'auteur des Rougon-Macquart, tout au long de sa carrière, s'est adonné à l'écriture de récits brefs aux tonalités variées. Ce volume rassemble près de trente textes rédigés pendant ses jeunes années de bohème et de journalisme. À leur lecture, c'est un Zola méconnu qui surgit soudain : fantaisiste, lorsqu'il met en scène l'errance dans Paris d'un lion et d'une hyène échappés du zoo (Une cage de bêtes féroces) ou lorsqu'il raconte l'histoire d'un homme qui décide, un beau matin, de faire commerce de femmes laides (Les Repoussoirs), mais aussi promeneur inspiré et satiriste engagé... Qu'on ne s'y trompe pas : le romancier est déjà là tout entier. Qu'il croque le bourgeois (Villégiature) ou parodie l'engouement du public pour le roman populaire (Les Disparitions mystérieuses), qu'il s'indigne de la misère (Le Chômage) ou raille la montée en puissance de la publicité (Une victime de la réclame), le tempérament éclate à toutes les pages. Par la richesse de leur inspiration, ces petits chefs-d'oeuvre révèlent un auteur plus insaisissable et naturel que ne le laissent supposer les professions de foi naturalistes.

  • Louis Roubieu avait tout pour être heureux : une famille aimante, des récoltes abondantes... C'était sans compter les caprices de la Garonne qui, après avoir fertilisé ses terres, lui reprend tout. En l'espace de quelques heures, le conte de fées vire au cauchemar. Les destinées humaines sont décidément bien fragiles. S'inspirant des crues exceptionnelles de la Garonne à l'été 1875, Zola livre une nouvelle au rythme haletant : les eaux furieuses emportent avec elles personnages et lecteurs dans un tourbillon dont nul ne sort indemne. Récriture du Déluge, ce récit est aussi une démonstration par l'exemple des rapports étroits qu'entretiennent littérature et fait divers.

  • Acculé par la misère et brûlant d'ambition, un jeune homme accepte le pacte que lui propose une entremetteuse : qu'il épouse Flavie Danvilliers, reconnaisse l'enfant illégitime qu'elle porte, et l'argent de cette fille de baron est à lui ! Pour prix de sa fortune, il doit aussi s'engager à ne jamais avoir de relation amoureuse avec elle. Mais, au terme d'une ascension sociale fulgurante, Nantas éprouve le plus grand désarroi. Que peut la réussite matérielle au bonheur d'un homme, face à la toute-puissance de l'amour ?
    Dans « Madame Neigeon », un jeune noble de province se laisse bercer par la promesse d'un adultère avec l'épouse d'un sous-secrétaire d'État.
    Ici, ce sont les femmes qui, loin des arcanes du pouvoir, trament le fil des fortunes et des carrières...

  • Si les contes et nouvelles de sa jeunesse frappent par leur fantaisie, les textes rassemblés dans ce volume, parus entre 1875 et 1899, font de Zola, à l'égal d'un Maupassant, l'un des maîtres de la nouvelle naturaliste, et l'un des maîtres de la nouvelle tout court. Tantôt librement inspirées de faits divers rapportés dans la presse d'alors (L'Inondation), tantôt proches de l'étude sociale (Comment on meurt) ou de la satire pittoresque - Les Coquillages de Monsieur Chabre est un petit chef-d'oeuvre d'amoralité sur le thème de l'adultère -, ces narrations donnent à voir le romancier en vacances, libéré du poids des théories, tout entier livré au plaisir d'écrire. Le résultat est souvent étonnant : explorant la veine fantastique, Zola conte dans Angeline l'histoire d'une maison hantée ; dans La Mort d'Olivier Bécaille, ce sont ses propres obsessions qu'il dévoile, à travers l'angoissante aventure d'un homme enterré vivant... Qu'ils soient célèbres, comme L'Attaque du moulin qui figura en tête du recueil naturaliste des Soirées de Médan, ou injustement tombés dans l'oubli, ces récits constituent une lecture indispensable pour tous ceux qui croient connaître l'auteur des Rougon-Macquart.

  • Un ouvrier pris dans la tourmente de la Commune, déporté au bagne de Nouméa, s'évade et retrouve sa femme mariée à un autre... Mis à la retraite prématurément, un fonctionnaire se montre incapable de vivre en dehors du cadre étroit de l'administration... Sur son lit de mort, un riche paysan révèle sa double vie à son fils et lui demande de prendre soin de sa maîtresse...
    Voici des histoires insolites contées par trois maîtres du naturalisme.

  • Mes haines

    Emile Zola

    « La haine est sainte. Elle est l'indignation
    des coeurs forts et puissants, le dédain
    militant de ceux que fâchent la médiocrité
    et la sottise » : c'est par ces mots que Zola, encore inconnu du grand public, se lance dans la critique littéraire et artistique. Mes Haines (1866) rassemble les chroniques de la première campagne de l'auteur en faveur de la modernité esthétique. On y découvre un jeune prodige qui n'a « souci que de vie, de lutte, de fièvre », prompt à s'enflammer lorsqu'il évoque Michelet, Balzac, les Goncourt ou Courbet, mais véhément et
    irrévérencieux face à Hugo, Barbey d'Aurevilly ou Napoléon III... Dans ces quinze « causeries » rédigées avec une partialité pleinement revendiquée se dessinent les contours des grandes convictions zoliennes, que l'avenir ne démentira pas : sa foi dans l'art du roman, son goût pour les « libres manifestations du génie », son sens du progrès, ses affi nités avec les sciences humaines, son amour de la vérité et de la justice. Mes Haines, dix ans avant le scandale de L'Assommoir, éclaire superbement les fondements et les principes du naturalisme.

  • Un ouvrier pris dans la tourmente de la Commune, déporté au bagne de Nouméa, s'évade et retrouve sa femme mariée à un autre... Mis à la retraite prématurément, un fonctionnaire se montre incapable de vivre en dehors du cadre étroit de l'administration... Sur son lit de mort, un riche paysan révèle sa double vie à son fils et lui demande de prendre soin de sa maîtresse...
    Voici des histoires insolites contées par trois maîtres du naturalisme.

    L'édition :
    o Questionnaires de lecture
    o Microlectures
    o Groupements de textes :
    - écrits théoriques sur le naturalisme
    - étude des motifs obsédants
    o Culture artistique :
    - cahier photos : réalisme et naturalisme
    - un livre, un film : Le Festin de Babette (Gabriel Axel).

  • Jeune écrivain ambitieux, Zola se fit connaître par le journal ; devenu un maître, il fit de la presse son arme de combat. Portraits, critiques d'art, chroniques politiques, récits pamphlétaires, manifestes, lettres ouvertes : la diversité de ses articles impressionne. Car il fut de toutes les luttes. C'est dans la presse que l'auteur des Rougon-Macquart, auréolé d'un parfum de scandale, a forgé et défendu le naturalisme ; c'est là aussi qu'il a soutenu Manet, les Goncourt, Vallès - tous « les garçons inconvenants qui se permettent d'avoir du talent en dehors des mots d'ordre du monde ». Au coeur de la guerre franco-prussienne, il a appelé à la résistance en fondant La Marseillaise, journal patriotique ; reporter sous la Commune, il a dénoncé la « folie » de l'insurrection et la « boucherie » de la Semaine sanglante ; dans Le Corsaire comme dans Le Figaro, il s'est insurgé contre les hommes de pouvoir trop peu soucieux du peuple et des valeurs de la République. Et, quinze ans après avoir fait ses adieux au journalisme, il y est revenu pour livrer sa dernière bataille, en exigeant que lumière soit faite sur l'innocence du capitaine Dreyfus.
    Cette anthologie donne à redécouvrir Zola, témoin et acteur de l'Histoire, et retrace le parcours d'un écrivain engagé pour qui la presse fut « la vie, l'action, ce qui grise et ce qui triomphe ».

  • « Je n'ai pas de secrets, les clefs sont sur les armoires, on peut publier toutes mes lettres un jour : elles ne démentiront ni une de mes amitiés, ni une de mes idées », affirmait Zola. Cette anthologie inédite, qui rassemble une centaine de lettres, témoigne du parcours, des luttes, des rêves et des doutes d'un écrivain illustre. On y découvre un jeune provençal, arrivé à Paris en 1858, aspirant à se faire un nom, mais désespérant d'y parvenir (« Je n'ai pas achevé mes études, je ne sais même pas parler en bon français, j'ignore tout », écrit-il à son ami d'enfance Cézanne). On y suit, pas à pas, ses débuts dans le monde - l'auteur des Rougon-Macquart fut d'abord employé chez Hachette et journaliste -, ses premiers succès, ses combats littéraires, et, plus tard, son engagement dans l'affaire Dreyfus.
    Tour à tour poignantes, drôles et virulentes, ces missives s'adressent à sa famille et à ses confrères (Flaubert, Edmond de Goncourt, Huysmans...), aux critiques qui l'accablent comme aux personnalités qu'il admire. Elles jettent un éclairage unique sur l'existence d'un homme qui fut un polygraphe acharné et un polémiste de talent, mais aussi un ami d'une fidélité sans faille. Et elles nous montrent que ce grand romancier aux convictions inébranlables ne cessa jamais d'être à la recherche de lui-même.

    Photomontage de Virginie Berthemet © Flammarion, d'après une photo d'Émile Zola © Association du musée Émile Zola-Médan Yvelines

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