Fayard/Mille et une nuits

  • En 1894, l'état-major de l'armée est secoué par une affaire qui ébranle la société tout entière : un officier a trahi. Alfred Dreyfus, juif alsacien, est le coupable idéal. Sa dégradation, sa déportation sur l'île du Diable, son retour en France, ont divisé la société. Avec "J'accuse", Emile Zola symbolise l'engagement intellectuel face au pouvoir, au mensonge et à la soumission.

  • En 1893, le laboratoire Zola est à l'oeuvre. Ici, le phénomène choisi sera le mariage. A travers quatre cas (l'aristocratie, la haute bourgeoisie, les boutiquiers et les couches populaires), de l'obligation mondaine au contrat lucratif, de l'association sécurisante de deux bilans comptables à la passion amoureuse - parce que dans la misère il n'y a plus que ça -, l'expérimentateur Zola nous présente avec un humour corrosif les différentes formes de cette union estampillée qu'on appelle mariage.

  • À vingt ans d'écart et dans des circonstances très 
    distinctes, Émile Zola en a appelé à l'avenir et à la jeunesse 
    dans deux articles intitulés pareillement « Lettre à la jeunesse ».
    Dans la lettre de 1879, Zola s'en prend à Hugo et à Renan, 
    dont le lyrisme sape à son sens toute portée politique de la 
    littérature, et défend le mouvement naturaliste au nom de 
    l'esprit d'enquête et de vérité auquel les romanciers doivent 
    souscrire s'ils veulent préparer le xxe siècle. 
    Plus brève, la lettre de 1897 est écrite en réaction à l'antisé-
    mitisme de jeunes ligueurs nationalistes qui n'acceptent pas 
    l'innocence de Dreyfus désormais établie. Zola sent les valeurs 
    de progrès menacées et s'inquiète de façon prémonitoire : 
    « Ils commenceront le siècle en massacrant tous les Juifs, parce 
    que ce sont des concitoyens d'une autre race et d'une autre foi ! »

  • Lorsque Émile Zola écrit ces deux contes, qui seront publiés, avec six autres récits, sous le titre Contes à Ninon, en 1864, il n'a que vingt-deux ans. II a alors pris conscience de sa véritable nature, celle d'un observateur de moeurs : « Le Carnet de danse », qui passe en revue les cavaliers de Georgette, dévoile les coquetteries des bals mondains et les déceptions de sa première rencontre avec les hommes ; « Celle qui m'aime » est une pauvre fille qui gagne quelques sous en se laissant contempler dans une baraque de foire, derrière une glace sans tain, en envoyant des baisers à des spectateurs qu'elle ne voit pas...
    Pour Henri Mitterand, ces nouvelles portent en elles « des fantasmes et des ressources d'écriture où se dessine déjà la carte d'identité du génie zolien. »

  • En 1863, le dernier tableau de Courbet, Le Retour de la conférence, est exclu du Salon. L'oeuvre met en scène un groupe de prêtres titubant, sous les effets de l'alcool, le long d'un chemin de campagne. Pressé par Courbet, son ami Proudhon accepte de rédiger une défense de ce tableau qui fait scandale. Mais ce qui ne devait être qu'une brochure de quelques pages devient bientôt un vaste traité du rôle social de l'artiste, publié, à la mort du philosophe, en 1865, sous le titre Du principe de l'art et de sa destination sociale. L'ouvrage serait sans doute passé inaperçu si une jeune plume de la critique ne l'avait étrillé sans ménagement, en réaffirmant l'autonomie absolue de l'artiste : ainsi démarre l'ascension irrésistible d'Émile Zola... Ce sont les textes de cette controverse passionnante qui se trouvent, pour la première fois réunis, dans ce volume. Christophe Salaün a été l'appareil critique de ce texte (notes et postface)

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