Littérature traduite

  • Ken Follett a conquis le monde avec Les Piliers de la terre, monumentale saga qui prenait place dans l'Angleterre du XIIe siècle... ... Deux siècles plus tard, la ville de Kingsbridge et sa cathédrale sont au coeur d'une nouvelle grande fresque épique. 1327. Quatre enfants sont les témoins d'une poursuite meurtrière dans les bois : un chevalier tue deux soldats au service de la reine, avant d'enfouir dans le sol une lettre mystérieuse, dont le secret pourrait mettre en danger la couronne d'Angleterre. Ce jour lie à jamais leurs sorts... L'architecte de génie, la voleuse éprise de liberté, la femme idéaliste, le moine dévoré par l'ambition... Mû par la foi, l'amour et la haine, le goût du pouvoir ou la soif de vengeance, chacun devra se battre pour accomplir sa destinée dans un monde en pleine mutation - secoué par les guerres, terrassé par les famines, et ravagé par la Peste noire.

  • Edition enrichie (Préface, notes, commentaires sur l'oeuvre, biographie et bibliographie)
    Jane Eyre est pauvre, orpheline, pas très jolie. Pourtant, grâce à sa seule force de caractère, et sans faillir à ses principes, elle parviendra à faire sa place dans la société rigide de l'Angleterre victorienne et à trouver l'amour... Une héroïne qui surmonte les épreuves sans perdre foi en son avenir, une intrigue où se succèdent mystères et coups de théâtre, une passion amoureuse qui défie tous les obstacles : le plaisir de lire Jane Eyre est toujours aussi vif. Comme elle, on veut croire que rien n'est écrit d'avance et que la vie réserve des bonheurs imprévus.

  • Le Temps est venu est l'avant-dernier épisode de la chronique des Clifton, une saga captivante menée par " un conteur de la trempe d'Alexandre Dumas " (New York Times).
    Le roman s'ouvre sur un procès opposant Emma Clifton, présidente de la célèbre compagnie Barrington et son ennemie de toujours, Lady Virginia.
    Lady Virginia semble pouvoir convaincre les jurés et la cour, mais c'est sans compter la publication dans la presse d'une mystérieuse lettre. Elle est signée du Major Fisher qui l'a écrite avant de mettre fin à ses jours.
    Si la lettre innocente Emma Clifton, elle se révèle dévastatrice pour Giles Barrington, son frère, déjà tourmentés par d'autres affaires.
    Harry Clifton se dresse seul, quant à lui, face à l'Empire soviétique, plus que jamais déterminé à libérer le dissident russe Babakov du goulag de Sibérie dans lequel il est enfermé suite à la publication de son livre sur Staline.
    Giles est sur le point de tout quitter pour tenter de retrouver Karin, la jeune femme à l'identité mystérieuse dont il est tombé amoureux à Berlin. La tension est à son comble alors qu'il ne sait pas si il peut lui faire confiance. Est-elle une espionne de l'Est engagée pour lui soutirer des informations ou la jeune femme honnête et amoureuse qu'elle prétend être ? Sebastian Clifton, quant à lui, est plongé dans un profond désarroi quand il tombe sous le charme de Priya, une jolie Indienne qui se destine à un mariage arrangé...
    L'amour, l'intégrité et l'honneur viendront-ils à bout de la perfidie et de l'injustice ?
    Un page-turner qui nous emmènera, hors des frontières de l'Angleterre, en Allemagne de l'est, Italie, Russie, Inde et Nigéria.

  • « Les histoires n'arrivent pas, les histoires se racontent. » De l'Arctique aux Tropiques en passant par tous les continents et par les îles les plus lointaines, le grand écrivain autrichien Christoph Ransmayr propose soixante-dix escales qui sont autant de petits tableaux du monde tel qu'il l'a perçu au fil de ses pérégrinations. Dramatiques ou insolites, les anecdotes alternent avec les réflexions suscitées par des lieux chargés d'histoire, ou les instants d'éternité face aux merveilles de la nature.Atlas du monde extérieur, ce livre est aussi une carte émotionnelle où l'auteur de La Montagne volante livre l'essence de son art. La puissance poétique de l'écriture, la hauteur de vue du philosophe combinée à une attention extrême au détail font de ce livre un joyau.

  • Mademoiselle Christina

    Mircea Eliade

    • L'herne
    • 1 Décembre 2009

    Une famille isolée au bord du Danube subit l'influence maléfique d'une ancêtre disparue. Mademoiselle Christina hante les chambres des occupants, vampire à l'apparence séductrice, elle charme Egor et enlève petit à petit toute vie dans la demeure austère. Sous la lumière blafarde de la lune, les ombres trahissent la présence d'un autre monde, effrayant, celui des âmes damnées. Entre deux soupirs de Sanda, jeune fille exsangue, un silence de mort s'installe dans le récit.

  • La destinée du jeune chercheur Roland Michell paraît étrangement liée à celle du poète victorien Randolph Henry Ash, dont il est un des plus grands spécialistes. Le jour où, d'un livre poussiéreux, il exhume deux lettres d'amour de l'illustre écrivain adressées à une inconnue, cette découverte bouleverse le cours de ses travaux... et de sa vie. Sur les traces d'Ash, le jeu de piste est ouvert : documents volés, amours clandestines, suicide romantique peuplent l'aventure qui dépasse bientôt le simple cadre d'une recherche universitaire.
    Couronné en 1990 par le prestigieux Booker Prize, adapté en 2002 au cinéma par Neil LaBute avec Gwyneth Paltrow et Aaron Eckhart, Possession est un récit haletant, subtil mélange d'érudition, de romance et de suspense, qui a été traduit dans de nombreux pays et a rencontré un succès mondial.
     
    Possession est un tour de force. The New York Times.

  • Joumana est le récit du drame intime d'un homme. Comme pour mieux saisir ce je de la confession, le narrateur remonte aux souvenirs de son enfance, une enfance difficile, marquée par les figures autoritaires du père et du grand-père, et la perte trop précoce d'une mère adorée, mais aussi par une forte éducation religieuse chez les jésuites installés dans un Liban encore français. C'est au cours de ses études de droit, que Joseph rencontre Rose, celle qui deviendra sa femme. Avec elle, il partage la même passion pour la culture française. Mais derrière la complicité livresque, l'attrait commun pour cette France, à la fois lointaine et enracinée dans un Liban en pleine mutation, se cache un vide, et rien ne saura combler l'absence de l'amour charnel, la démission du désir, rien excepté l'événement imprévu qui survient dans la vie de Joseph : l'arrivée de la petite Joumana, la nièce de Rose, dont il devient avec Rose le co-tuteur. L'amour de Joseph pour l'enfant que Rose, stérile, n'a jamais pu avoir, finira par dépasser, tragiquement, les frontières de l'amour paternel... Récit d'un amour incestueux, Joumana se déroule dans un pays partagé entre deux mondes : l'Occident et l'Orient, au moment du passage d'un Liban français à un Liban indépendant, où les incertitudes de l'avenir opposent l'optimisme d'une génération nouvelle aux angoisses des tenants du passé.

  • Dans le village où tout lui appartient, personne ne discute la volonté de Cyprien Gerdil, le maître d'une importante exploitation forestière. Chacun le redoute, même Francine sa fille, et son bras droit dans l'entreprise familiale située au coeur d'une clairière. Promise à Jean-Michel, l'héritier du domaine voisin, Francine paraît étrangement troublée par l'arrivée de Mario, un jeune et nouveau bûcheron, si différent de ses camarades. Un irrépressible amour rapproche peu à peu les jeunes gens. Mais ils restent discrets. Qui oserait braver la colère de Gerdil ? À l'entour, cependant, chacun les épie. Quand la forêt brûle, de malveillantes rumeurs agitent la clairière. On chuchote. On murmure. Nul ne connaît le passé de Mario. Pas même Francine... Dans l'univers de la forêt, une idylle dramatique et tendre, mêlée au suspense d'une mystérieuse intrigue.

  • « L'Ankou est le moissonneur et le charretier de la Mort. C'est un grand diable maigre, le visage dissimulé sous un large chapeau. Il est debout sur un char grinçant et lourd où il empile sa récolte de cadavres », écrivait Anatole Le Braz dans la Légende de la mort chez les Bretons armoricains. L'Ankou revient en ce siècle mettre fin à la lente agonie d'un petit pays d'Armor. Dans sa charrette, un frère et une soeur qui s'aiment d'un amour coupable, douze adolescents qui traversent une rivière de sang, un bâtard malheureux, un nazi qui joue de la flûte, des vieillards impatients, une ville qui se noie, une cathédrale engloutie, des oiseaux qui ne savent plus chanter. Une histoire sentimentale nourrie d'Histoire et de trous de mémoire. L'histoire incestueuse d'une terre et de sa légende. La passion sensuelle d'un pays où le rêve hante la réalité.

  • Le roman Bab el-Oued m'a servi à exorciser les nombreuses frustrations vécues pendant le tournage de mon film Bab el-Oued City. En l'écrivant, j'éprouvais cette sensation de liberté dont j'étais privé en m'exprimant par la caméra, avec les contraintes que cela représente, surtout lorsqu'on tourne dans un milieu hostile, comme cela a été le cas. Quel bonheur de laisser l'écriture vagabonder, d'explorer en profondeur les personnages avec leurs rêves, leurs émotions, leurs contradictions ! Quel bonheur de pouvoir évoquer le riche passé et les atmosphères sensuelles de Bab el-Oued, ce quartier de mon enfance ! C'est pourquoi, bien que le sujet soit le même, le roman est totalement différent du film. J'ai mené ma chronique plus loin, mais en restant fidèle à ma façon, qui est celle d'un raconteur d'histoires. Ce qui advient en Algérie aujourd'hui, j'ai tenté de le faire sentir à travers des personnages et des situations du quotidien, en restant du côté des gens, avec leurs douleurs, leurs joies, leurs espoirs, confrontés à des événements dont ils sont à la fois les victimes et les acteurs.

  • Wall Street retient son souffle. Celui qui manie le globe comme une toupie, et le cours des changes comme un élémentaire boulier, Karl Kovac, alias le Crabe, s'apprête à lâcher 400 millions de dollars sur le marché. Où va-t-il frapper ? Quel titre, quelle monnaie, quelle matière première prendra-t-il pour cible ? Quand, soudain, le kidnapping de Katia, sa fille unique, bouleverse la donne. Qui ose se mesurer au titan franco-croate, à ce redoutable sorcier de la finance ? S'engage une partie d'une glaçante vérité, où les placements sont des armes de haute précision, et les bombardements de civils bosniaques de simples prétextes à la spéculation.

  • En mars 1703, sur l'ordre de son maître, le duc d'Orléans, Victor de Gironde part en ambassade à la cour pontificale d'Avignon pour défendre, auprès du nonce, les droits de la Princesse Palatine, mère du Duc. Autorisé à se dérouter par le Rouergue afin de revoir sa famille, Victor est mis au courant des projets d'un de ses cousins, l'abbé de la Bourlie. Celui-ci, par haine de Louis XIV, a entrepris d'associer, dans une insurrection générale du Midi, les catholiques mécontents et les protestants camisards en rébellion ouverte depuis août 1702. Parvenu en Avignon, Victor est brusquement appelé dans les Cévennes au chevet de son père mourant. Il entreprend alors de traverser le pays en guerre avec le chevalier de Carresse son ami qui n'est autre que le terrible marquis des Éperviers. À Gironde, sa maison natale, en Provence, puis en Languedoc, Victor devra déjouer bien des embûches, conjurer bien des périls avant d'atteindre « le camp des enfants de Dieu », où son père a trouvé refuge. Guerriers, camisards, dragons et miquelets sans pitié, farouches cavaliers de Camargue, prélats et officiers fanatiques, mais aussi caractères d'exception s'essayant à imposer l'idée de tolérance, voici quelques-uns de ces personnages que Victor de Gironde rencontre tout au long de sa route... Tandis que le coeur du chevalier de Carresse balance entre Sylvie de Soustelles, la catholique sans merci, et Delphine de Mirman, la protestante au coeur pur, Clémire, la fiancée de Victor, pour oublier leur séparation, se plonge à corps perdu dans les préparatifs de leur mariage.

  • David Blair, l'un des chefs des Services spéciaux britanniques, doit mourir. Son meilleur ami s'y emploie. Mais la réalité se dérobe à mesure que la trahison se révèle. Où chercher la vérité ? Dans une Angleterre figée, aux rites immuables, ou dans l'Union soviétique agitée par les soubresauts de la Perestroïka ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Lorsque Djarbi arrive à l'École Normale de la capitale, il a la vie devant lui : la paix de l'Indépendance à découvrir, les espoirs de la Révolution, l'amitié et peut-être l'amour. Mais l'univers clos d'un lycée destiné aux pauvres lui impose des règles, des désillusions, des petitesses. Rachid Mimouni dresse un tableau impitoyable de l'après-guerre d'Algérie. Les jeunes personnages de ce roman d'apprentissage vont surtout apprendre à regarder le monde d'adultes qui les attend. Leurs guides, encombrés de complexes et d'incertitudes, n'offrent souvent que les caricatures de leurs espoirs. Certains sont pitoyables, d'autres plus héroïques : qui soupçonnerait l'austère demoiselle au visage ingrat d'avoir aidé, pendant la guerre, des rebelles ? Qui pourrait imaginer la solitude désespérée de cet autre qui, les cours finis, se précipite dans les bas-fonds de la ville ? Outre des portraits saisissants d'adolescents décidés à construire l'avenir, Rachid Mimouni trace celui de son héros, guetté par la mort, au moment même où il croit découvrir l'amour.

  • Sur la côte istrienne, une villa du début du siècle a été transformée en hôtel de seconde catégorie. À un tir d'obus de la guerre, le temps d'une courte saison estivale, quatre vacanciers étrangers séjournent dans ce lieu de villégiature au charme désuet. Chiara, l'Italienne, le vieux peintre Arnold Altenberg, et un jeune couple, la belle Odile et son ami Friedrich, tous deux oisifs, à peine conscients des drames qui se jouent autour d'eux. Le village où ils passent leurs vacances est aux mains des femmes, les hommes étant partis à la guerre. Un calme apparent règne autour de la villa, mais on sent la tension qui monte, en ce mois d'août chaud et orageux...

  • « La petite fille pense, avec délices, qu'elle va, dans un tout petit moment, s'immerger dans le bleu du bonheur parfait... Or, elle ressent un mouvement brusque de sa maman qui, dans un bruit assourdissant, la précipite brutalement dans son cauchemar, à l'intérieur même du maudit poste de télévision. » Rachida Titah trace la vie de figures féminines - proches sûrement de la petite fille qu'elle a été, de la mère, de la grand-mère qu'elle est - dans l'Algérie d'aujourd'hui, monde de lumière devenu noir de violence et de terreur. Le grand mérite de l'auteur est de nous faire vivre fraternellement le quotidien de ces filles d'Algérie - la naissance, l'amour, la guerre, la mort dans la ville et au village - dans une proximité qui nous est d'autant plus douloureuse qu'elle nous est devenue familière.

  • Longtemps, c'est vrai, mes frères ont ressemblé à un livre de chevet que je ne pouvais pas quitter, que je ne me lassais pas de feuilleter, un livre dont les chapitres se succédaient comme ça, sans logique, dans la vraie liberté de l'enfance, pieds nus dans le sable, soleil brouillé qui envahit les yeux, une espèce de promenade, un après-midi d'été. Aucun plan n'a été dessiné dans cet enseignement que m'ont apporté les frères, aucun plan donc ne sera attendu ici, car la loi des frères et soeurs est une loi sauvage, impudique, lumineuse, à la façon des premiers secrets, des premières terreurs. Une loi qui révèle très vite, sans même qu'on ait vraiment le temps de comprendre, ce que sera le destin de la famille tout entière. C'est une loi, c'est vrai, qui a poussé toute seule, dans le désordre de la maison, avec les ronces et les fruits tombés des arbres, près des terrains vagues. Et c'est là aussi que se sont découverts la solitude et le sang. Ni fioritures donc, ni masque ni rhétorique. Quelque chose, pourtant, qui permet de passer brutalement de l'amour à la haine et du mat au brillant, quelque chose qui aurait le goût de ces clichés ordinaires, glissés dans les albums de famille, là où, justement, les moments de brûlure se révélaient à un seul regard, à deux mains très fort serrées, ou encore à ces lourds manteaux d'hiver qui dévoilaient la pâleur d'un visage ou la maigreur des mollets.

  • Shamrock, c'est le trèfle, emblème de l'Irlande, Shamrock blues, cela veut donc dire que tout, ici, - les lieux et les protagonistes, bien sûr, mais aussi les actes des personnages, leurs discours et leurs dérives - renvoie à cette entité irlandaise, à la fois mythique et charnelle, où s'alimentent tant de rêves, de passions indéracinables, de violences. D'où le souffle qui soulève ce roman, dont la construction, par séquences, n'est pas sans faire songer au théâtre lyrique. Du reste, c'est de théâtre, précisément, et d'acteurs qu'il s'agit. Nous sommes en 1966, peu avant que ne s'embrase l'Ulster. Patrick Mc Cooney, un jeune paysan du nord de l'Eire, a écrit une pièce exaltée autour de Wolfe Tone, un des héros de l'indépendance nationale. Il descend à Dublin retrouver son ami Sean, qui dirige une troupe et semble disposé à monter l'ouvrage. Patrick s'agrège à cette petite société, partage ses fêtes, ses débordements, ses voyages. Les sujets ne manquent pas, entre eux, pour nourrir la grande parlerie irlandaise. À commencer par la pièce : que vaut-elle au juste ? Son nationalisme abrupt est-il politiquement opportun ? L'irlande de demain n'appelle-t-elle pas des prises de conscience plus complexes ? Patrick se trouve ainsi au centre d'une problématique toute neuve. Mais, dans le même temps, ce petit paysan catholique nourri d'austérité et résolument vierge va progressivement secouer les tabous qui l'encombrent, découvrir, à travers Moïra, le bonheur de vivre et l'épanouissement amoureux... C'est dire, en d'autres termes, que ce roman baroque rejoint finalement la grande tradition du roman d'apprentissage. On voit donc que Primo Basso aime à multiplier les registres. Et on ne peut qu'admirer la maîtrise qu'il apporte à les gouverner, que ce soit à travers le foisonnement des épisodes ou l'écriture elle-même, laquelle, sans s'interdire des hommages subtilement distanciés aux grands écrivains irlandais, témoigne d'une variété et d'une intensité expressive remarquablement personnelles.

  • Un gouverneur sénile, dont l'empire s'effondre. Avec sa famille et ses proches collaborateurs, il s'est réfugié dans la tour ouest de son Palais : la ville est en effet inondée, les guérilleros, qui viennent par l'est, ayant détruit le grand barrage. Mais il ne désespère pas, et se répand en décisions énergiques qu'aucune troupe ne pourra exécuter. Puis, pour se réconforter, il s'active sur un moulin à café - sa dernière marotte. À moins qu'il ne s'endorme. En somme, c'est Ubu déchiré et devenu gâteux. Mais c'est également - comment n'y point penser ? - cet autre despote qui périt dans les sous-sols de Berlin. L'originalité de José Féron réside, en effet, dans le va-et-vient incessant que son écriture, tout à la fois transparente, incisive et lyrique, opère entre mythe et mémoire. En un subtil montage, les séquences bouffonnes où s'agitent le gouverneur, sa mère et ses généraux, alternent avec d'autres où revit un passé encore terriblement proche - arrestations, films d'actualités tonitruants, convois de déportés -, chacune recevant de l'autre la dimension qui la complète, lui confère sens et vérité. Voici donc un roman dont la lecture donne à voir - au double sens d'un constat et d'une vision ; et ce miroir dérisoire et pathétique nous renvoie, des interrogations de notre temps, une image d'une force et d'un relief singuliers.

  • Voici un texte étonnant. Par son impudique pudeur, par son lyrisme retenu, par son humour, par la netteté lumineuse de son dessin et de son écriture. L'Égypte que parcourt le héros de Juan Piñeiro, du Caire à Assouan et d'Assouan au Caire, ce n'est pas celle des temples et des pyramides. Celle-là, il ne la voit pas. N'existent à ses yeux et à tous ses sens que les villes, les paysages, les animaux et les êtres - ces garçons à qui l'unissent de brèves et fulgurantes amours. Et ses imaginations, et ses mirages... Voici un texte troublant, et pourtant singulièrement pur. Tout au long de ce voyage, une lumière dorée nous accompagne, comme si vraiment nous étions près du Nil, au milieu du désert, sous un soleil aussi éblouissant que les soleils noirs des visionnaires, ou les lunes aveuglantes des amours essentielles.

  • Depuis cinquante ans, les plus grands scientifiques travaillent en secret à la maîtrise du temps, prêts à lancer, pour l'an 2000, leur programme informatique dans une noria de satellites au-dessus de l'Australie. Associé au projet, l'industriel Hans von Crapper détourne les travaux à son profit. Mystérieusement financé, cet ancien athlète est-allemand lance alors l'opération Aréia. Son objectif : créer une nouvelle race de coureurs façonnés par l'électronique. Choisie parmi une centaine de candidats, la jeune sprinteuse Holie Windsor, se retrouve dans un centre secret pour battre le record intouchable de Florence Griffith-Joyner : 1049 sur 100 mètres. Sale temps sur Sydney est le récit romanesque de cette entreprise audacieuse, qui consiste à transformer des athlètes en surhommes. De Paris à New York, de Munich à Venise, en passant par la Floride, les Highlands, la Californie, le Transvaal et l'Arizona, ce thriller sportif nous fait découvrir la face cachée de deux mondes en fusion, celui de la recherche scientifique et celui du sport, sur fond de manipulation, de corruption et d'assassinat. Ouvrage d'actualité et d'anticipation à la fois, Sale temps sur Sydney nous propulse au coeur des derniers jeux Olympiques du siècle.

  • Avec Quelque temps de la vie de Jude et Cie, Sulivan est allé jusqu'au bout de sa logique d'écrivain, en mettant à nu, face à la réalité du bonheur programmé, une autre réalité : celle d'hommes et de femmes surprenants, qui suivent leur propre chemin, aux prises avec leurs illusions et dans leurs fourvoiements, mais hantés par l'absolu. Loin d'eux la pensée de condamner ce monde absurde, atroce et radieux qui est le nôtre. Ils le béniraient plutôt de leur permettre, encore, de vivre dans les quelques creux sociaux qui demeurent. Mais des mots comme course, compétition, peloton de tête, désignent des raisons de vivre qui ne les concernent guère. Jude, Boris et Gerda, Mathieu, Gis dit Giscard, à cause d'une vague ressemblance, Marthe-les-doigts-de-pied en éventail, Céline-les-amourettes, Julie-la-psy, Jaboud, Georges-les-Fioretti, Jo, et tous les autres qui fréquentent la rue Fichte, sont en quête du merle blanc. Que cherchent-ils sinon l'amour ? Tantôt en pleine conscience, tantôt dans l'obscur, acharnés à sortir du narcissisme, y retombant sans cesse, à guérir de leurs névroses sans les masquer. [...] Rien d'abstrait dans ce livre. Les idées sur la politique, la religion, l'amour, la psychanalyse se disent dans la marche, le souffle, le battement de coeur des personnages. La vivacité joyeuse du récit entraîne. Une bouffée d'oxygène pour le lecteur invité à se délier du sérieux morose, à retrouver la liberté intérieure. Le narrateur regarde cette ethnie, à la fois étrangère et toute proche, non sans humour ni ironie, parfois avec férocité : cependant la tendresse n'est jamais absente. Que ce soit dans la complicité, avec les pauvres accrochés aux ruines, ou dans la poésie des gratte-ciel, une parole ne cesse de se dire : l'appel à un nouvel âge de la foi et de la liberté spirituelle. Il n'y a pas d'illusions, de folies, de péchés qui ne peuvent prendre sens à l'instant même et amorcer un chemin.

  • Le premier roman de deux auteurs québécois qui prennent la parole à tour de rôle et de chapitre pour raconter l'histoire d'un amour fou pris dans l'engrenage d'une organisation secrète.

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