Fayard

  • « Les matières premières sont les cadeaux que nous fait la Terre. Cadeaux enfouis ou cadeaux visibles. Cadeaux fossiles, cadeaux miniers qui, un jour, s'épuiseront. Ou cadeaux botaniques que le soleil et l'activité de l'homme, chaque année, renouvellent.
    Les matières premières sont des cadeaux qui parlent. Il suffit d'écouter. Elles nous chuchotent toutes sortes d'histoires à l'oreilles : il était une fois..., dit le pétrole, il était une fois..., dit le blé. Chaque matière première est un univers, avec sa mythologie, sa langue, ses guerres, ses villes, ses habitants : les bons, les méchants et les hauts en couleurs. Et chaque matière première, en se racontant, raconte à sa manière la planète.
    Cette histoire commence dans la nuit des temps. Un homme qui passe remarque un arbuste dont les branches se terminent par des flocons blancs. On peut imaginer qu'il approche la main. L'espèce humaine vient de faire connaissance avec la douceur du coton.

    Le coton est le porc de la botanique : chez lui, tout est bon à prendre. Donc tout est pris. D'abord, on récupère le plus précieux : les fibres. Ce sont ces longs fils blancs, formant les flocons qui entourent les graines. Des machines vont les en séparer. Les fibres du coton sont douces, souples et pourtant solides. Elles résistent à l'eau et à l'humidité. Elles ne s'offusquent pas de nos transpirations. Sans grogner, elles acceptent d'être mille fois lavées, mille et une fois repassées. Elles prennent comme personne la teinture, et la gardent... La longue liste de ces qualités a découragé les matières naturelles concurrentes, animales et végétales. La laine et le lin ne représentent plus rien. Si la fibre synthétique domine le marché du textile (soixante pour cent), le coton résiste (quarante pour cent). Et c'est ainsi que le coton vêt l'espèce humaine. Il ne s'en tient pas là. Il sert à fabriquer des compresses médicales, bien sûr, mais aussi des papiers spécialisés (dont les billets de banque), des films photographiques, des mèches de chandelles. Et, toujours soucieuses de se rendre utiles, ses fibres entrent dans la composition de produits cosmétiques (laques, soins capillaires...), de pâtes dentifrice, de crèmes glacées... Et même si le goût de certaines sauces bolognaises, de certaines sauces allemandes peut sembler étrange, comment imaginer qu'elles contiennent du coton ? Les graines ne sont pas moins généreuses. Riches en protéines, elles nous fournissent, à notre insu, une bonne part de notre huile de table. Les hommes de marketing semblant craindre que l'indication « huile de coton » ne dégoûte l'acheteur potentiel, on la baptise donc d'un nom plus vague et général : « huile végétale ». Les animaux, eux aussi, sont nourris de coton : ils mangent des tourteaux tirés des graines et de leurs enveloppes. Les restes servent à la fabrication de savons, d'engrais, d'explosifs (glycérine), de fongicides, d'insecticides., de caoutchouc synthétique. Il faut savoir que l'industrie pétrochimique raffole de ces résidus végétaux : elle les fait participer à cette cuisine mystérieuse qu'on appelle raffinage et qui conduit à des matières parmi les plus improbables, dont les plastiques. Pour ceux que ces manipulations angoissent, revenons à notre mère nature, à la paix des choses simples. Après la récolte, les tiges et les branches du cotonnier deviendront les litières pour les animaux. Ou bien les paysans les brûleront, faute de meilleurs combustibles.
    Voyager, c'est glaner.
    Une fois revenu, on ouvre son panier. Et ne pas s'inquiéter s'il paraît vide. La plupart des glanures ne sont pas visibles : ce sont des mécomptes ou des émerveillements, des parfums, des musiques, des visages, des paysages.
    Et des histoires. La longue, si longue et si belle route du coton n'en fut pas avare. Sur cinq continents (en comptant pour deux le Nord et le Sud de la même Amérique), de Koutiala (Mali) à Lubbock (Texas), en passant par Alexandrie (Égypte), Cuiaba (Mato Grosso), Boukhara (Ouzbékistan), Lépange-sur-Vologne (France) et Datang (Chine, province du Zhejiang), la fibre douce a livré bien des secrets.
    Au XVIIIe siècle, sitôt retrouvée la terre natale, les navigateurs plantaient les végétaux collectés aux quatre coins du globe dans un jardin dit « des retours ». Me voilà, moi aussi, en Bretagne, à l'heure du jardin. Le panier plein, non de graines, mais d'histoires. Lesquelles retenir, parmi toutes celles entendues ? Elles volètent et piaffent, toutes mes histoires de coton, telle une bande d'enfants dont chacun veut être le préféré.
    J'en ai choisi neuf qui racontent la planète. »

  • " Dans dix ans, dans vingt ans, aurons-nous assez d'eau ? Assez d'eau pour boire ? Assez d'eau pour faire pousser les plantes ? Assez d'eau pour éviter qu'à toutes les raisons de faire la guerre s'ajoute celle du manque d'eau ? Dans l'espoir de répondre à ces questions, je me suis promené. Longuement. Du Nil au Huang He (Fleuve Jaune). De l'Amazone à la toute petite rivière Neste, affluent de la Garonne. De l'Australie qui meurt de soif aux îles du Brahmapoutre noyées par les inondations... J'ai rencontré des scientifiques, des paysans, des religieux, des constructeurs de barrages, des physiciens alpinistes qui mesurent sur tous les toits du monde la limite des glaciers. J'ai passé du temps avec les médecins de Calcutta qui luttent contre le choléra. J'ai écouté d'innombrables leçons, dont celle du scarabée de Namibie et celle du kangourou. Quelles sont leurs techniques pour survivre en plein coeur du désert ? Peu à peu, j'ai fait plus ample connaissance avec notre planète. J'ai vu s'aggraver partout les inégalités, notamment climatiques. Mais j'ai vu aussi la réussite du pragmatisme, de belles coopérations entre administrations et entreprises privées. J'ai vu des illusions et des férocités à l'oeuvre. De retour de voyage, voici maintenant venu le moment de raconter. Un habitant de la planète sur six continue de n'avoir pas accès à l'eau. Un sur deux vit sans système d'évacuation. Pourquoi ? "

  • Forte de son expérience dans de nombreuses institutions économiques internationales, Lucrezia Reichlin livre dans sa Leçon les grandes lignes des enseignements tirés de la crise de l'euro et de sa « gestion » par la BCE.

    Chaire européenne 2018-2019.

    En 2007-2015 a sévi la pire récession et la pire crise financière de l'après-guerre. Les banques centrales de toutes les juridictions ont dû intervenir avec des politiques monétaires non conventionnelles qui dépassent les frontières entre action monétaire, fiscale et financière. La Banque centrale européenne, en tant que banque centrale sans État, a dû faire face à des défis très particuliers et difficiles. La crise a donc constitué un test de robustesse du cadre général de la politique monétaire de l'Union monétaire européenne face à l'instabilité financière et à de grands chocs cycliques. Aujourd'hui, vingt ans après la création de l'euro, évaluer le cadre de cette politique monétaire est nécessaire, non seulement pour évaluer l'avenir de la zone euro et éclairer sous un jour nouveau ce que sont les réformes clés de sa gouvernance.

  • Les signaux sont chaque jour plus clairs : la phase actuelle de mondialisation touche à sa fin. Née dans les années 1980 avec le système boursier mondial et la chute du mur de Berlin, elle a reposé sur une utopie : une planète unifiée par le libre-échange, régie par le marché et la démocratie. Mais aujourd´hui, le courant protectionniste remonte. Des entreprises, notamment américaines, relocalisent leurs industries dans leur pays. L´OMC tremble. Partout, le nationalisme déborde. François Lenglet dévoile ici que nous sommes à la fin d´un cycle. Désormais, plus personne n´a honte de protéger son économie et de jouer sur sa monnaie. Il ne faut pas regretter la mondialisation. Malgré son indéniable effet de rattrapage pour des pays pauvres, bien peu en ont profité. Avec clarté et humour, ce livre décrit le monde qui vient. Un univers où les classes moyennes tiendront leur revanche et où le parasitisme des mafias volera en éclats.

  • « Les moustiques viennent de la nuit des temps (250 millions d'années), mais ils ne s'attardent pas (durée de vie moyenne : 30 jours). Nombreux (3 564 espèces), volontiers dangereux (plus de 700 000 morts humaines chaque année), ils sont répandus sur les cinq continents (Groenland inclus).

    Quand ils vrombissent à nos oreilles, c'est une histoire qu'ils nous racontent : leur point de vue sur la mondialisation.

    Une histoire de frontières abolies, de mutations permanentes, de luttes pour survivre, de santé planétaire, mais aussi celle des pouvoirs humains (vertigineux) qu'offrent les manipulations génétiques. Allons-nous devenir des apprentis sorciers ?

    Toutefois, ne nous y trompons pas, c'est d'abord l'histoire d'un couple à trois : le moustique, le parasite et sa proie (nous, les vertébrés).



    Après le coton, l'eau et le papier, je vous emmène faire un nouveau voyage pour tenter de mieux comprendre notre terre. Guyane, Cambodge, Pékin, Sénégal, Brésil, sans oublier la mythique forêt Zika (Ouganda) : Je vous promets des surprises et des fièvres ! » Erik Orsenna.

    « Pour un tel périple dans le savoir, il me fallait une alliée. Personne ne pouvait mieux jouer ce rôle que le docteur Isabelle de Saint Aubin, élevée sur la rive du fleuve Ogooué, au coeur d'un des plus piquants royaumes du moustique. » 

  • Ressources naturelles, entreprises industrielles, filières technologiques : rien ne semble échapper à la boulimie d'acquisitions qui projette le dragon chinois aux quatre coins de la planète. Premier créancier des États-Unis, la Chine finance les déficits occidentaux, mais s'impose aussi auprès des pays pauvres comme une Banque mondiale bis. Après le rouleau compresseur des exportations, se profile une déferlante chinoise sur la finance.
    À quelles sources s'alimente cette puissance financière ? Qui sont les acteurs de cette offensive et quels en sont les objectifs ? Le yuan pourra-t-il détrôner le dollar ? Domination commerciale, expansion financière : le géant chinois va-t-il céder à la tentation hégémonique ? Cet essai s'efforce d'apporter des réponses solidement argumentées, sans procès d'intention mais aussi sans complaisance.
    Dans cet ouvrage essentiel, Claude Meyer fait le bilan de la puissance financière chinoise et la confronte aux stratégies du Parti communiste. Alliant analyse économique et prospective, il nous décrit le monde qui vient avec, en arrière-plan, cette énigmatique " renaissance du peuple chinois ", dont le président Xi Jinping a fait son leitmotiv.

  • L'horreur fiscale, ce n'est pas seulement le taux d'imposition élevé qui touche les Français. C'est un système déréglé, incohérent, opaque et, qui plus est, injuste.
    Irène Inchauspé et Sylvie Hattemer, journalistes économiques, ont mené l'enquête, épluché des rapports, rencontré des experts, soulevé les tapis, débusquant les idées reçues, les démonstrations biaisées, les fausses solutions. Et elles ont découvert que la préférence française pour l'impôt a abouti à une situation bien pire encore que ce que l'on pouvait imaginer. Classes moyennes, chefs d'entreprise, héritiers, retraités : personne n'échappe à la tonte généralisée. Et le pire, c'est que cette rafle fiscale ne sert à rien, puisque la dette continue à progresser.
    Alors, oui, les Français sont en colère, et ils expriment leur ras-le-bol avec les armes à leur portée : les plus riches s'exilent, les grands groupes délocalisent une partie de leurs équipes dirigeantes, les patrons créent leur entreprise à l'étranger. Ceux qui restent manifestent dans les rues, et les autres se révoltent en silence, soit en travaillant moins, soit en basculant dans la fraude.
    Il va falloir faire preuve de courage et d'imagination pour nous sortir de là. En étudiant non seulement les recettes utilisées par les pays qui s'en sont sortis, mais aussi ce qui s'est fait en France dans le passé, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'il s'agissait de reconstruire le pays. Rien ne nous empêche de monter sur des épaules de géants pour voir plus loin...

    Sylvie Hattemer a été grand reporter au Nouvel Économiste, puis à Challenges. Irène Inchauspé est journaliste à L'Opinion. Elle a notamment coécrit avec François de Closets L'Échéance (Fayard, 2011).

  • Le rapport lugano

    Susan George

    • Fayard
    • 3 Mai 2000

    Inconscience, schizophrénie ou cynisme absolu : comment les "décideurs" peuvent-ils à la fois mettre en oeuvre les politiques ultra-libérales qui sont le fon-dement de la mondialisation et prétendre s'attaquer aux conséquences catastrophiques de ces mêmes politiques ? Craindraient-ils un retour de bâton anti--libéral ? L'avenir du capitalisme ne serait-il donc pas assuré ? Tel est le point de départ du livre de Susan George qui se présente sous la forme d'un rapport.

    Ses commanditaires ? Des représentants du direc-toire économique et politique de la planète. Ses auteurs ? Neuf experts hautement qualifiés. Le but ? Identifier les menaces qui pèsent sur le capitalisme au XXIe siècle et préconiser des solutions. Elles sont à la fois parfaitement logiques, terrifiantes et déjà largement mises en oeuvre...

    Un rapport accablant, documenté, passionné et passionnant, qui parvient comme nul autre à démonter les mécanismes fondamentalement pervers du capitalisme ultra-libéral : son horreur écologique, économique et sociale.


    Susan George est politologue, Présidente de l'Observatoire de la mondialisation et vice-Présidente de l'association ATTAC. En pointe sur les combats internationaux, elle a été l'un des rouages centraux de la coordination rassemblant l'ensemble des mouvements français contre l'AMI (Accord multilatéral sur l'investissement) et l'OMC. Auteur de plusieurs livres dont Comment meurt l'autre moitié du monde et L'effet boomerang, elle est née aux Etats-Unis et vit depuis plusieurs années en France.

  • Cessons de nous voiler la face : les prévisions de croissance retrouvée que nous égrènent, depuis 2009, les gouvernements successifs sont une vaste plaisanterie. 2 % de croissance en 2016 : même pas en rêve ! Pas plus qu'en 2017, en 2018 ou en 2023. La croissance qu'a connue la France à la fin du xxe siècle, fondée sur les gains de productivité et le progrès technique, n'était pas la règle d'un monde nouveau mais l'exception d'une histoire têtue.


    Ce livre démontre, au travers de brefs détours théoriques et de multiples anecdotes, que les rêves de croissance de nos gouvernants sont de funestes chimères. Faut-il pour autant se décourager ? Bien sûr que non. La France ne tombe pas. Elle est au seuil d'un nouveau modèle de développement. Soit elle refuse d'affronter cette réalité et Billancourt, désespéré, pourrait bien basculer dans la violence la plus légitime. Soit elle change de logiciel, elle s'adapte à son nouvel environnement et elle s'ouvre de nouvelles pistes de création de bien-être.

    Ces nouvelles pistes peuvent permettre à notre pays, non pas de raser gratis dès demain, mais d'offrir à sa jeunesse des perspectives qui lui ôtent toute envie de s'enliser dans le triangle des Bermudes que délimitent aujourd'hui le repli sur soi, l'expatriation et la violence.

  • La Chine est au pied du mur : son modèle économique s'essouffle, les inégalités de revenus battent des records mondiaux. Mais son plus gros boulet au pied, celui qui entravera le plus lourdement sa course au développement, est sans conteste sa démographie : d'ici 2050, son réservoir de main-d'oeuvre va perdre 250 millions d'individus et le nombre de ses personnes âgées va doubler, surpassant alors, à lui seul, la population de l'Union européenne.

    Vieille avant d'être riche, la Chine doit mener le combat contre sa démographie sans avoir eu le temps de s'armer. Sans réforme de fond, la formidable mécanique grâce à laquelle elle s'est hissée en tête des classements mondiaux pourrait rapidement s'enrayer, brisant son rêve de puissance émergente : celui d'accéder au rang d'économie riche et développée.

    Un passionnant document étayé de témoignages qui révèle les singularités d'une société en pleine mutation.

  • Journal d'un optimiste

    Guy Sorman

    • Fayard
    • 14 Mars 2012

    Depuis trente ans Guy Sorman parcourt le monde et en rapporte les changements en se faisant plus attentif à la novation qu'à l'immuable. Contrairement à la plupart des médias et autres observateurs, l'auteur privilégie les tendances de fond plus que l'actualité immédiate et n'écrit qu'à partir de ses observations directes, voyages et rencontres. Au total, à rebours du sentiment commun, par-delà les conflits, les crises et les drames, le destin de l'humanité lui semble s'améliorer : plus d'hommes et de femmes vivent plus longtemps, avec plus de liberté et plus d'espérance que jamais dans le passé.
    Ainsi, dans ce nouvel ouvrage qui fait suite à Wonderful World, publié en 2009, voit-on les dictateurs tomber comme des quilles, de nouveaux peuples prendre la parole, des continents échapper à la famine, et les idéologies meurtrières reculer.
    Certains nostalgiques d'une France éternelle s'inquiètent de la dilution de notre identité dans le mondialisme : Guy Sorman y perçoit au contraire un enrichissement puisqu'il nous est désormais permis d'être à la fois français, européen et « du monde », solidaires de toutes les autres civilisations.
    Ainsi se réalise peu à peu le rêve universaliste et progressiste des libéraux du XVIIIe siècle, une tradition française dans laquelle s'est inscrit Guy Sorman au cours des vingt livres qu´il a déjà publiés, de La Solution libérale aux Vrais penseurs de notre temps, de L'Année du Coq au Génie de l'Inde, de Made in USA à L'Economie ne ment pas.

  • En 2007, une crise financière née dans le secteur subprime de l'immobilier résidentiel américain débouche sur un tarissement du crédit, paralysant peu à peu le monde bancaire international. En 2008, la crise se transforme en crise économique mondiale, puis en authentique crise de civilisation. Tous les établissements privés du prêt hypothécaire américain sont emportés, suivis par les deux colosses du crédit immobilier, Fannie Mae et Freddie Mac, que l'Etat américain se voit forcé de nationaliser. La crise ne s'arrête pas là : les banques d'affaires connues sous le nom de " Wall Street " s'effondrent à leur tour. Cette dévastation sans précédent du système financier restreint alors dramatiquement les choix de placement des investisseurs. Des sommes colossales se retrouvent concentrées sur le marché à terme des matières premières, engendrant une énorme bulle spéculative. Le grain vient à manquer dans des pays du Sud, déclenchant des émeutes de la faim. Le prix exorbitant du carburant contribue à mettre au bord de la faillite les compagnies aériennes ainsi que les constructeurs automobiles américains. Au-delà d'un récit détaillé des événements et de leur mécanisme, l'auteur répond aux questions que se pose le lecteur : quel rôle a joué la Chine dans ce processus ? Notre compréhension des crises antérieures a-t-elle été intentionnellement censurée ? Le capitalisme surmontera-t-il la crise ?

  • Le monde est ma tribu

    Guy Sorman

    • Fayard
    • 3 Septembre 1997

    Des Etats-Unis déferlent les nouvelles normes culturelles, religieuses et médiatiques qui nous submergent. Les cultures nationales résisteront-elles à ce que l'on appelle la mondialisation mais qui n'est en fait qu'une américanisationoe A cette interrogation centrale pour notre temps, Guy Sorman répond à sa façon, non avec des théories abstraites, mais par l'exploration, sur place, de la manière dont les grandes civilisations réagissent au nouveau défi américain.

    En Europe, en Russie, en Chine, au Japon, en afrique, en Amérique latine, l'auteur nous conduit aux frontières où les cultures se heurtent. Ces lignes de fracture entre civilisations passent par Istanbul, le détroit de La Pérouse, le canal de Beagle, la passe de Khyber, le 38e parallèle, Brest-Litovsk, Ceuta, Tijuana, une rue à Brooklyn, la muraille de Chine, le Mur de Berlin, Sarajevo et Jérusalem...

    A partir de ce voyage qui mêle choses vues et entendues, rencontres dramatiques ou cocasses, l'histoire, la littérature, les souvenirs et la réflexion, Guy Sorman montre comment notre planète hésite entre deux forces contradictoires: la mondialisation à l'américaine et le réenracinement tribal.

    Dans cette tension entre civilisations, la France devrait poursuivre sa voie singulière, celle du métissage des cultures plutôt que de l'exclusion de l'autre.

    Guy Sorman enseigne, écrit et dirige un groupe de presse. Parmi ses douze ouvrages publiés, rappelons La Solution libérale, Les Vrais Penseurs de notre temps, et Le Bonheur français.

  • Paysan du monde

    Luneau/Bove

    • Fayard
    • 4 Janvier 2002

    Les auteurs :
    José bové est éleveur de brebis sur le larzac (aveyron) dans le cadre d'un gaec (groupe d'exploitation en commun) faisant vivre six personnes; la production de lait est pour partie transformée en aoc roquefort. le gaec est diversifié en viande ovine, porcine et en fromages fermiers, distribués en vente directe. syndicaliste, josé bové est secrétaire national de la confédération paysanne, responsable des questions internationales . co-auteur avec françois dufour et gilles luneau du monde n'est pas une marchandise ( la découverte, 2000) et de nous, paysans, avec gilles luneau (hazan, 2000) gilles luneau, écrivain et journaliste, collabore au nouvel observateur, à challenges, à géo, au monde initiatives. outre les questions agricoles et la mondialisation, il couvre l'amérique latine, le monde iranien et l'asie centrale. auteur de : les nouveaux paysans (le rocher, 1997), l'ouvrière (roman, le rocher, 1998) ; il est coauteur de plusieurs ouvrages, dont deux avec josé bové.

    *** le démonteur de mcdo de millau n'est pas une météorite médiatique : ses combats, il les mène depuis trente ans aux quatre coins de sa campagne et de la planète. il raconte ici les expériences, les rencontres, les actions qui ont forgé sa réflexion et sa volonté. antimondialiste, bové ? contre les fatalités de la faim et du malheur, il veut mondialiser l'espoir.

  • Auteur Helena Norberg-Hodge, linguiste, écrivain et militante, est la fondatrice et directrice du Projet Ladakh. Elle a également co-produit un film tiré de ce livre, et tous deux ont été traduits en plus de 30 langues.
    Livre Depuis plus de 1 000 ans, le Ladakh abrite une culture florissante, vivant au rtyhme des activités agricoles et des rites bouddhistes. Mais ces dernières années est apparu le « développement », et la pénétration de l'Occident dans le pays s'est traduite par la pollution, l'inflation, le chômage, la montée de l'intolérance et de la cupidité. Cet ouvrage abondamment illustré d'anecdotes vécues soulève d'importantes questions, dont celle concernant la notion même de progrès et de développement. Il explore aussi les causes premières du malaise qui touche les sociétés industrielles, montrant qu'il est possible aujourd'hui de réinscrire nos vies dans le local, l'humain et le naturel.

  • Aujourd'hui, un milliard et demi de personnes n'ont pas accès à une eau saine et propre ; chaque année, 5 à 10 millions meurent de maladies liées à la mauvaise qualité de l'eau ; l'agriculture (par le biais de l'irrigation) consomme 70 % de l'eau douce mondiale, l'industrie 20 %, les ménages seulement 10 %. Et la quantité d'eau douce disponible ne représente que 0,5 % de toute l'eau présente sur la Terre...
    En dépit de ces statistiques alarmantes, l'humanité, réticente à modifier ses pratiques, continue à polluer, détourner et épuiser inconsidérément les réserves. Plus grave, les institutions internationales - Banque mondiale, Fonds monétaire international, Organisation mondiale du commerce - préconisent la privatisation et la marchan-disation de cette ressource. Avec leur soutien, des sociétés transnationales, mues par la seule préoccupation de leur profit, ont déjà pris en main l'exploitation des réseaux publics de distribution d'eau dans plusieurs pays, alourdissant la facture des usagers, y compris des plus pauvres.
    Plusieurs mouvements de citoyens, de l'Inde à la Colombie en passant par la France, ont compris qu'il est grand temps de réagir : tandis que certains s'opposent à la construction de barrages, qui entraîne le déplacement de milliers de personnes, d'autres militent pour que les services municipaux de distribution d'eau retournent dans le giron étatique. Mais la solution viendra surtout, au niveau des instances internationales, de l'affirmation de quelques principes fondamentaux visant à la protection de l'or bleu, et de la reconnaissance de l'accès à l'eau douce comme droit humain inaliénable.


    Maude Barlow est la fondatrice du Blue Planet Project, mouvement de citoyens actif à l'échelle mondiale dans la protection de l'eau douce.
    Tony Clarke dirige l'Institut Polaris du Canada.

  • Enquête des journalistes sur la place accordée à l'émirat du Qatar dans les décisions des autorités françaises et sur les occasions où l'intérêt général a été subordonné aux intérêts de la famille al-Thani.

  • Alstom, Pechiney, Arcelor : pourquoi la désindustrialisation semble-t-elle frapper plus fortement la France ? Pourquoi l'automobile anglaise, donnée pour morte il y a quinze ans, est aujourd'hui plus performante et exportatrice que la nôtre ? Pourquoi avons-nous perdu notre place de premier exportateur agro-alimentaire européen ? Quand la France a fait le choix de l'Europe, elle n'a tiré aucune conséquence en matière de compétitivité, de finances publiques et de concurrence fiscale de son appartenance à la zone euro. Victime jusqu'ici de sa politique économique incohérente, elle peut encore rebondir et, comme d'autres pays, réussir sa ré-industrialisation. La France peut changer de cap si l'on écarte les suspects traditionnels (Bruxelles, une politique commerciale angélique, un euro surévalué), et que l'on établit les vraies causes du décrochage. Parler d'industrie, ce n'est pas céder à une vision nostalgique et régressive, c'est penser un écosystème fait de technologies, de services, d'intelligence dans les réseaux et de production manufacturière.

    Pourquoi l'industrie disparaît en France, pourquoi c'est grave. et ce qu'il est urgent de faire pour redresser la barre.

  • Les entreprises chinoises sont parties à la conquête de l'Europe et ont fait leur entrée dans notre paysage, occupant une place grandissante dans l'économie européenne, employant déjà des milliers de salariés. Elles s'adaptent tant bien que mal à notre continent. Comment s'est effectuée cette « offensive » ? Ces entreprises sont-elles de bons employeurs au regard des pratiques occidentales ? Comment concilier ces derniers avec les recettes qui leur réussissent en Chine : relations privilégiées, rôle du politique et pression sociale ? À l'heure du réveil nationaliste, quel accueil est réservé à ces nouveaux venus ?
    Philippe Le Corre et Alain Sepulchre ont travaillé pour ces grandes firmes. Dans un essai enlevé, ils répondent à ces grandes questions, et à bien d'autres, dépeignant finalement la rencontre dérangeante d'une puissance montante et d'un vieux continent secoué par la crise.

  • Il y a une énigme du capitalisme contemporain. Comment expliquer que le plus grand krach que nous ayons connu depuis 1929, l'éclatement de la bulle Internet, n'ait eu aucun effets habituels sur l'économie généraleoe Pourquoi les faillites frauduleuses d'Enron et de Worldcom n'ont-elles pas freiné la diffusion à l'échelle planétaire du capitalisme financier à l'américaineoe Pour comprendre les nouvelles logiques à l'oeuvre, Elie Cohen a choisi d'analyser la montée en puissance et la chute de deux entreprises emblématiques des années 1990: Enron et Vivendi. Loin d'engager la seule responsabilité de leurs impétueux promoteurs, ces deux échecs révèlent, plus profondément, le rôle des marchés financiers dans la détermination des stratégies industrielles. Extrêmement réactive, la finance de marché réduit les risques en les diffusant et les aggrave en favorisant la spéculation. Ce livre analyse la formation de mythes de marché, de bulles spéculatives, de modes de gestion, il dépeint l'univers des acteurs de cette industrie du risque (analystes, auditeurs, évaluateurs) et rend compte d'un système où l'erreur collective est préféré à la rupture du consensus. Comment réguler les marchés financiers sans entraver la capacité d'innovationoe Comment prévenir l'arbitrage entre régulations dans le nouvel âge du capitalismeoe Tels sont les problèmes auxquels sont confrontés nos gouvernements et les grandes institutions financières internationales, des questions auxquelles Elie Cohen répond avec clarté et brio.

  • Depuis vingt ans, les Etats déréglementent, privatisent et libéralisent leurs économies. Simultanément, ils transfèrent des compétences aux organisations internationales, donnent leur indépendance aux Banques centrales et renforcent les unions régionales. Ce livre explique ce changement de cap, il en détaille les modalités et questionne le silence des hommes politiques.
    En esquissant la carte des nouvelles instances de gouvernement planétaire en matière commerciale, financière, monétaire et économique, en décrivant les mécanismes à l'oeuvre dans les grandes institutions que sont notamment l'Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international ou la Banque centrale européenne, Elie Cohen montre clairement qu'aujourd'hui le problème n'est pas de savoir si ce sont les intégristes du marché qui ont raison ou leurs adversaires antimondialistes, mais comment les architectes du nouvel ordre économique vont pouvoir bâtir un monde plus efficace, plus juste, plus légitime.Elie Cohen est économiste, directeur de recherche au CNRS (Fondation nationale des sciences politiques). Il est l'auteur notamment de Le Colbertisme « high tech » (1992) et de La Tentation hexagonale (1996).

  • N'y a-t-il qu'une mondialisation ? Les vrais mondialistes sont-ils ceux que l'on dit oe Peut-on tolérer plus longtemps la scandaleuse mystification par laquelle ceux qui entendent d'abord ouvrir le monde aux assauts de leur propre cupidité réussissent à se faire passer pour «mondialistes», cependant que ceux qui s'opposent à leur entreprise se voient qualifier d' «antimondialistes» ? Pourtant, le sens des mots est clair : le vrai mondialisme, loin de se définir par rapport au champ d'action de la finance, vise à réaliser «l'unité de la communauté humaine» (Robert).
    Ce livre décrit et dénonce vigoureusement les mécanismes et les objectifs de la «mondialisation prédatrice», qui offre le monde à la «rapacité de la finance». Il met en évidence ses conséquences catastrophiques pour les hommes et les femmes de la planète. Il expose aussi les principes d'un vrai mondialisme qui mettrait la mondialisation «au service de la communauté humaine», et pose les critères d'une autre rationalité fondée sur les impératifs de cette finalité. C'est évidemment de ce mondialisme-là que l'auteur entend faire l'éloge, et c'est celui qu'il revendique sans ambiguïté.

    René Passet, professeur émérite de sciences économiques à la Sorbonne, est également président du conseil scientifique de l'association ATTAC (Association pour une taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens). Il collabore régulièrement à la revue Transversales ainsi qu'au Monde diplomatique, et a publié de nombreux ouvrages, dont L'Economique et le Vivant et L'Illusion néo-libérale

  • Le 19 décembre 2014, presqu'à la sauvette, les actionnaires d'Alstom décident de vendre à l'américain General Electric les activités énergie du groupe, un des leaders mondiaux pour l'équipement des centrales électriques. Une bonne affaire pour GE. Une mauvaise pour la France. Après Pechiney, Arcelor, Alcatel, c'est le dernier acte du grand démantèlement de l'industrie française. La France perd le contrôle d'un secteur stratégique : l'électricité, l'un des piliers de la croissance économique du XXIe siècle. D'Alstom, il ne reste que la branche Transport.

    De la fabrication des turbines Arabelle indispensables à la nouvelle génération des EPR à la maintenance du parc existant de centrales nucléaires, c'est toute la filière nucléaire française qui est ainsi déstabilisée. Au moment même où Areva est en grande difficulté. Il n'y aura pas d'« Airbus européen » de l'énergie non plus.

    Comment une telle chose a-t-elle pu se produire ? Pourquoi n'a-t-on pas négocié un accord équilibré ? Pourquoi l'État n'a-t-il rien vu venir ? Quel rôle ont joué les deux ministres, Montebourg, puis Macron ? Oui, il y a bien une affaire Alstom.

    Jean-Michel Quatrepoint mène une enquête serrée autour de ce dossier. Il raconte la nouvelle stratégie des États-Unis pour faire main basse sur les fleurons industriels européens, et français en particulier. Notre classe dirigeante se révèle impuissante à faire prévaloir les intérêts du pays.

  • La France d'en bas, on la regarde de loin et on la traite d'en haut. Mais le monde globalisé est devenu trop complexe pour qu'il existe des solutions miracles pouvant être imposées par des élites qui prétendent décider de tout. La politique économique, de droite comme de gauche, a perdu toute efficacité car, depuis Keynes, elle s'appuie sur une philosophie " top-down ", du haut vers le bas, du macro au micro, du global au local.
    Un véritable renversement de perspective s'impose : une approche " bottom-up ", du bas vers le haut, du micro vers le macro, qui résiste au chant des sirènes de l'autogestion et de la " démocratie participative ". Il faut repenser la politique économique, et en particulier le rôle des corps intermédiaires (syndicats, ONG, régions...).
    Si nous acceptons de ne pas léguer à nos enfants le lourd héritage de nos lâchetés passées, si nous acceptons des réformes courageuses qui ne se trompent ni de cibles ni d'armes, dans le cadre d'une démarche " bottom-up ", révolutionnaire mais parfaitement réaliste, la sortie de crise est désormais possible. Et l'avenir dépendra enfin de nous.

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