Sciences humaines & sociales

  • Magellan

    Stefan Zweig

    • Grasset
    • 12 Février 2003

    C'est sur un paquebot trop confortable, en route pour l'Amérique du Sud, que Stefan Zweig eut l'idée de cette odyssée biographique. Il songea aux conditions épouvantables des voyages d'autrefois, au parfum de mort salée qui flottait sur les bougres et les héros, à leur solitude. Il songea à Magellan, qui entreprit, le 20 septembre 1519, à 39 ans, le premier voyage autour du monde. Un destin exceptionnel...
    Sept ans de campagne militaire en Inde n'avaient rapporté à Magellan le Portugais qu'indifférence dans sa patrie. Il convainc alors le roi d'Espagne, Charles-Quint, d'un projet fou ; " Il existe un passage conduisant de l'océan Atlantique à l'océan Indien. Donnez-moi une flotte et je vous le montrerai et je ferai le tour de la terre en allant de l'est à l'ouest " (C'était compter sans l'océan Pacifique, inconnu à l'époque..). Jalousies espagnoles, erreurs cartographiques, rivalités, mutineries, désertions de ses seconds pendant la traversée, froids polaires, faim et maladies, rien ne viendra à bout de la détermination de Magellan, qui trouvera à l'extrême sud du continent américain le détroit qui porte aujourd'hui son nom.
    Partie de Séville avec cinq cotres et 265 hommes, l'expédition reviendra trois ans plus tard, réduite à 18 hommes sur un raffiot. Epuisée, glorieuse. Sans Magellan qui trouva une mort absurde lors d'une rixe avec des sauvages aux Philippines, son exploit accompli.
    Dans ce formidable roman d'aventures, Zweig exalte la volonté héroïque de Magellan, qui prouve qu'" une idée animée par le génie et portée par la passion est plus forte que tous les éléments réunis et que toujours un homme, avec sa petite vie périssable, peut faire de ce qui a paru un rêve à des centaines de générations une réalité et une vérité impérissables ".

  • Marie-Antoinette

    Stefan Zweig

    • Grasset
    • 10 Mai 2002

    Après ses vies de Magellan, de Marie Stuart ou de Fouché, faut-il rappeler le génie de biographe de Stefan Zweig ? Marie-Antoinette (1933) rétablit la courbe et la vérité d'un destin obscurci par la passion ou la honte posthumes. L'auteur a fait le ménage dans la documentation, puisant dans la correspondance de Marie-Antoinette avec sa mère, Marie-Thérèse d'Autriche, et dans les papiers de Fersen, grand amour de la reine.
    Qui était Marie-Antoinette faite, l'année de ses quinze ans et par raison d'Etat, reine de France ? Une débauchée futile ? Une icône pour la Restauration ? Nous la suivons de la chambre de son époux, qu'elle appelait son « nonchalant mari », le falot Louis XVI, jusqu'au lit de la guillotine. Quel voyage ! Quelle histoire ! Le monde enchanté et dispendieux de Trianon, la maternité, le début de l'impopularité, l'affaire du collier, la Révolution qui la prit pour cible, la fuite à Varennes, la Conciergerie, l'échafaud...
    Zweig s'est penché sur Marie-Antoinette en psychologue. Il ne la divinise pas : elle « n'était ni la grande sainte du royalisme ni la grande « grue » de la Révolution, mais un être moyen, une femme en somme ordinaire ». Il analyse la chimie d'une âme bouleversé par les événements, qui, sous le poids du malheur et de l'Histoire, se révèle à elle-même et se rachète, passant de l'ombre de la jouissance à la lumière de la souffrance. « A la toute dernière heure, Marie-Antoinette, nature moyenne, atteint au tragique et devient égale à son destin ».
    Davantage qu'un livre d'histoire : un roman vrai.

  • Fouché

    Stefan Zweig

    • Grasset
    • 13 Novembre 2003

    Joseph Fouché (1759-1820) a servi avec zèle la République, le Directoire, le Consulat, l'Empire et la Monarchie. Homme de l'ombre, disciple de Machiavel, Fouché aura survécu à tous les changements de régime sans jamais se départir de cette « absence de conviction » qui fascina Balzac autant que Stefan Zweig.
    Elève chez les Oratoriens, il devint sous la Révolution un pilleur d'églises. Conventionnel modéré, il vota la mort du roi et participa activement au massacre des Lyonnais royalistes. Ambassadeur du Directoire à Dresde, il cambriola son ambassade. Ministre de la Police, à l'abri derrière ses fiches et ses mouchards, il tint tête à Talleyrand et à Bonaparte. Signataire du premier manifeste sur l'égalité, il meurt richissime, duc d'Otrante et sénateur.
    Joseph Fouché, c'est l'art du reniement, la grâce du traître. Il n'y a pas de personnalité plus décriée que cet homme politique au sang froid. Stefan Zweig nous fait découvrir, à sa manière subjective, une figure cachée et essentielle de l'Histoire française.

  • Technique du coup d'Etat

    Curzio Malaparte

    • Grasset
    • 16 Mars 2022

    Comment s'emparer d'un Etat à l'ère de la modernité, et comment le défendre  ? Voilà la question à laquelle Malaparte répond dans cet essai publié pour la première fois en 1931. La première édition a été française, chez Grasset, et le livre a été interdit dans toutes les dictatures du moment, pour n'être traduit en Italie qu'en 1948. Selon Malaparte, le temps des révolutions populaires est terminé. Nul besoin désormais de mobiliser un peuple afin de conquérir le pouvoir. Pour renverser un régime, il suffit d'une organisation technique et tactique, d'un nombre restreint d'individus capables de paralyser, pendant quelques heures, les administrations. Il illustre cette thèse en analysant le coup d'Etat bolchevique de 1917, la victoire du Polonais Pilsudski contre les Soviétiques en 1920, le putsch manqué de Kapp la même année à Berlin, et consacre un chapitre au 18 Brumaire de Bonaparte.
    Loin d'être un traité sec et analytique, ce livre donne l'occasion à Malaparte de déployer son génie du portrait. Et voici un homme politique allemand qui n'exerce pas encore le pouvoir au moment où est publié le livre  : hystérique, jaloux, peureux, tous traits de caractère qui ne pourront le mener qu'à une férocité impitoyable et sans limite. Ce politicien, c'est Hitler, et la description est prophétique.
    Théorie impeccable, art du portrait et pénétration psychologique font de ce livre un classique. Et ce n'est pas parce que les réseaux sociaux sont arriver qu'il s'agit moins, à un moment donné, de prendre d'assaut un bâtiment symbolique du pouvoir... Tous ceux qui se rappellent le 6 janvier 2021 à Washington le savent.

  • Publié pour la première fois en 1995, Les écrivains français racontés par les écrivains qui les ont connus est une passionnante anthologie réalisée et préfacée par Charles Dantzig. Elle rassemble, du XVIe siècle au XXe siècle, des témoignages de première main rarement sinon jamais reproduits jusque-là sur trente-sept des plus grands auteurs de notre littérature.
    Voici Claude Binet, ami de Ronsard, évoquant la séduction qu'exerçait l'auteur des Sonnets pour Hélène sur le roi Charles IX. Au XVIIe siècle, c'est Marie de Gournay, la «  fille d'alliance  » de Montaigne, qui est racontée par le mémorialiste le plus spirituel de son temps, Tallemant des Réaux, et Molière par La Grange, le secrétaire de sa troupe, tandis que Charles Perrault parle avec sagacité et affection de La Fontaine. Au XVIIIe siècle, Rousseau est évoqué de manière inattendue par Bernardin de Saint-Pierre, l'auteur de Paul et Virginie. Un siècle plus tard, Mérimée raconte son ami Stendhal avec sa vivacité habituelle ; Victor Hugo se remémore les derniers jours de Chateaubriand, à qui il avait tant voulu ressembler  ; les Goncourt, pourtant si méchants, font de Flaubert un portrait à la fois attendri et admiratif. Au XIXe siècle, c'est au tour de Maurice Sachs de se remémorer Jean Cocteau, sa séduction et son talent. Quant à Serge Doubrovsky, il met en scène sa rencontre avec un Jean-Paul Sartre épuisé et malade, mais à l'intelligence aussi vive que toujours  : «  Je m'arrête, j'attends. [...] La tremblote a disparu par enchantement. L'oeil terne se rallume, lance des éclairs.  » Qui connaît mieux les écrivains que les écrivains  ?
    Dans une longue préface, Charles dantzig propose une réflexion sur ce qu'est ou peut être la biographie d'un écrivain. Le complément indispensable à son  Dictionnaire égoïste de la littérature française.
     

  • Napoléon ... raconté par ceux qui l'ont connu

    Collectif

    • Grasset
    • 22 Janvier 2014

    L'élève officier, le général de brigade, le Premier consul, l'Empereur. Le plus grand homme du XIXe siècle raconté par ceux qui l'ont personnellement rencontré. Les extraits de mémoires rassemblés ici ont été la source de toutes les histoires de sa vie. Amis, ministres, secrétaires, maîtresses, membres de sa famille, ils racontent leur Empereur, le vrai, celui qu'ils ont vu, de son adolescence à sa mort, de Brienne à Sainte-Hélène. Son physique, son caractère, son quotidien, son exceptionnel. Napoléon intime, Napoléon à la guerre. Napoléon et les soldats, Napoléon et les femmes. Sa façon de travailler, ses habitudes, ses bonheurs, ses peines, son génie, sa folie. Pour la première fois, voici Napoléon sans les mensonges des hagiographes, sans les injures de ses ennemis ; Napoléon avec nous, audacieux, décidé, autoritaire, séduisant, vivant.Anthologie réalisée par Arthur Chevallier

  • Le génie du lieu

    Michel Butor

    • Grasset
    • 21 Janvier 2015

    Le Génie du lieu, paru en 1958, premier essai de Michel Butor, se compose de deux parties. La première est une série de portraits de sept villes de la Méditerranée, Cordoue, Istanbul, Salonique, Delphes, Mallia, Mantoue et Ferrare, suivi d'une réflexion toute butorienne, mélange de rêverie, de poésie et d'anecdotes personnelles, sur l'Egypte, où il a vécu et qu'il a toujours aimée.
    Loin des fades commentaires sur les paysages c'est en promeneur enchanté, inspiré par ses souvenirs, que Butor digresse sur l'histoire et la littérature des lieux qu'il visite. Il hisse ce qu'il appelle la « critique géographique » au rang d'oeuvre d'art, n'oubliant jamais que les villes ne sont pas des miracles de la nature, mais les chefs-d'oeuvre des hommes. Des empereurs y ont construit des palais avant que des conquérants ne les détruisent.  Des sculpteurs y ont élevé des statues. Des écrivains y ont écrit des livres. Au tour de Michel Butor de s'inscrire dans la mémoire des lieux.  Voilà pourquoi on croisera Borges au détour d'une ruelle de Salonique, Averroès à un carrefour de Cordoue et Philippe de Macédoine assis sur une ruine de Delphes.
    Le Génie du lieu est-il le lieu du génie de Michel Butor ? Ses admirateurs continuent de se disputer : de La Modification ou du Génie du lieu, lequel est son plus grand livre ?

  • Napoléon chez lui

    Frédéric Masson

    • Grasset
    • 17 Mars 2021

    Publié en 1894, Napoléon chez lui est le premier livre sur la vie quotidienne de Napoléon. Frédéric Masson décrit l'organisation du palais des Tuileries, précise la fonction de chaque pièce du palais, décrivant leur décoration aussi bien que les responsabilités des personnes qui y travaillent, à commencer par Napoléon lui-même. Chambre ou cabinet de travail, quelle que soit la pièce, l'historien explique pourquoi Napoléon l'avait souhaité telle, en quoi cela correspondait à son tempérament, à sa façon de vivre. Aux Tuileries, à Fontainebleau, à Compiègne, la disposition des appartements était la même  : Napoléon détestait le changement, et cela dans un but  : gagner du temps.
    Voici enfin une journée typique de travail de l'empereur, du réveil au coucher, et sa journée du dimanche (quand il a des dimanche  !), où il déjeune en famille.
    Cet «  empereur dans ses meubles  » en donne un portrait vivant, original et inédit.

  • Jeanne d'Arc

    Joseph Delteil

    • Grasset
    • 21 Septembre 2011

    "Vaste saloperie" selon André Breton, "mauvais livre" selon le rédacteur en chef de La Croix, qui appelle ses les lecteurs à le brûler, Jeanne d'Arc provoque, à sa sortie, la colère des catholiques et des surréalistes réunis dans un combat pompeux. Amour de la chair, intrépidité, souffle lyrique, rien de tout cela ne pouvait satisfaire ces pouvoirs constitués. A peine cinq ans après la canonisation de la sainte, Joseph Delteil osait montrer une Jeanne humaine.Dans cette biographie hors du commun, il la dépouille des oripeaux de la légende pour nous présenter une "fille de France", qui aime, jure, espère, échoue parfois. Alors, elle est sublime.

  • Zola raconté par sa fille

    Denise Le Blond-Zola

    • Grasset
    • 20 Mars 2019

    Publié pour la première fois en 1931 aux éditions Fasquelle, Emile Zola raconté par sa fille révèle les débuts dans la vie d'Emile Zola : son enfance à Aix-en-Provence, où il rencontre celui qui deviendra son plus proche ami, Paul Cézanne, ses débuts à Paris, où il écrit ses premiers textes, notamment du théâtre, et hésite entre le journalisme et la littérature. Il pratiquera les deux, avec la gloire que l'on sait.
    Ce livre, c'est aussi un témoignage inestimable sur l'intimité d'Emile Zola, jusqu'à son intimité littéraire : sa façon de travailler, par exemple. Denise Le Blond-Zola raconte comment il procédait pour préparer ses célèbres enquêtes « de terrain », entreprise indispensable à la rédaction de la plupart des romans des Rougon-Macquart. Ainsi découvre-t-on la rigueur et l'austérité auxquelles s'astreignait Zola, dans sa maison de Médan. Le labeur, mais aussi les joies, puisque sa fille revient sur les soirées passées avec des auteurs fameux, ses amis : Léon Daudet, Guy Maupassant, Yvan Tourgueniev, les frères Goncourt (ceux-ci jusqu'à un certain points, car ils étaient enragés de jalousie). Enfin, on constate de l'intérieur la violence à laquelle il a été confronté l'écrivain lors de l'Affaire Dreyfus. Denise Le Blond éclaire les coulisses de la publication de « J'accuse », du procès de son père et de sa décision de partir, une fois condamné, pour Londres. Et, bien sûr, sa mort tragique, dont le retentissement fut international, et dont on se demande aujourd'hui si elle n'a pas été un assassinat.
    Avec admiration, tendresse et rigueur, Denise Le Blond Zola fait revivre pour elle, pour nous, pour la littérature, un père attentionné, un citoyen courageux, ce un romancier.

  • Le cahier rouge du château de Versailles

    Arthur Chevallier

    • Grasset
    • 23 Octobre 2019

    Voici Versailles comme on ne l'a jamais raconté, pièce par pièce. Cette anthologie rassemble des écrits de ceux qui, français ou étrangers, ont imaginé, construit, entretenu, habité ou simplement visité le plus célèbre château du monde, en vingt lieux essentiels  : Galerie des glaces, chambre de Louis XIV, cabinet de travail du roi, salon de l'oeil-de-boeuf, chambre de Marie-Antoinette, Grand escalier, chapelle royale, opéra, jardins, les Trianon, l'Orangerie, le petit théâtre de la reine, les écuries...
    Les lieux et leur décor, mais aussi les gens et les événements. Voici une galerie de portraits et d'anecdotes sur les faits et gestes qui ont façonné la légende de Versailles. Le roi-soleil à son lever, Marie-Antoinette donnant des bals, le peuple de Paris entrant au palais en octobre 1789, tous sont là, de la construction du château sous Louis XIII à sa transformation en musée national décrétée par Louis Philippe Ier, en passant par le Versailles des rois Bourbon. Le plus féérique des palais décrit par les plus illustres et les plus talentueux des guides.
    L'anthologie a été réalisée par Arthur Chevallier, auteur de plusieurs anthologies pour les Cahiers rouges (Napoléon par ceux qui l'ont connu, Le Cahier rouge des chats) et auteur de Napoléon sans Bonaparte (éditions du Cerf, 2018).

  • Portrait de l'aventurier ; Lawrence, Malraux, von Salomon

    Roger Stéphane

    • Grasset
    • 20 Octobre 2004

    « J'appelle aventurier celui qui s'engage au service d'une cause sans y adhérer ; qui engage sa vie plus pour son propre salut que pour la victoire.
    Ernst von Salomon, un des précurseurs du renouveau socialiste qui surgira en Allemagne dès 1918 (et qui, tragiquement, aboutira à Hitler quinze ans lus tard), écrit : " Cette première question d'une vie à remplir trouve sa réponse dans la vie même. " T.E. Lawrence remarque : " L'appel du désert pour les penseurs de la ville a toujours été irrésistible. Je ne crois pas qu'ils y trouvent Dieu, mais qu'ils entendent plus distinctement dans la solitude le verbe vivant qu'ils apportent avec eux. " Et Malraux avoue : " Je n'aime pas les pauvres gens, ceux en somme pour qui je vais combattre... Je les préfère uniquement parce qu'ils sont les vaincus. "
    L'aventurier : le contraire du militant ; étranger par essence au fanatisme et même au manichéisme. L'aventurier : un irréductible solitaire. »
    R.S.

  • Marie-Antoinette racontée par ceux qui l'ont connue

    Collectif

    • Grasset
    • 2 Novembre 2016

    Cette anthologie rassemble exclusivement des textes écrits par des personnes qui ont connu la plus célèbre des reines de France. Les auteurs en sont, entre autres, sa portraitiste officielle, Elisabeth Vigée Le Brun, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères de Louis XV, le duc de Choiseul, certaines de ses plus proches amies, comme la princesse de Lamballe, sa femme de chambre madame Campan ou la gouvernante des enfants de France, la duchesse de Tourzel.
    Ces témoins de première main racontent Marie-Antoinette comme personnage privé tout autant que comme personnage public. Ils révèlent son intimité, sa parole, ses goûts, mais aussi la nature de ses rapports avec le roi, ses enfants, et ses passions amicales comme celle qu'elle a eue pour la duchesse de Polignac. On découvre comment elle a réagi aux scandales qui l'ont touchée, en particulier la fameuse affaire du collier. On aimait la qualifier de reine sotte et indigne du prestige Versailles ? On la voit défendre la monarchie avec courage et habilité. C'est aussi l'occasion de découvrir des anecdotes rarement relatées, comme sa toute première danse dans la Galerie des glaces, après son mariage avec Louis XVI, ou encore son opiniâtreté lors des interrogatoires par les révolutionnaires, avant son procès, à la prison du Temple. Et nous la suivons dans son calvaire jusqu'à la guillotine.
    Voici Marie-Antoinette charmante et irritante, frivole et appliquée, ingénue et déterminée, souvent naïve, parfois calculatrice, toujours attachante.
    En annexe, et pour la première fois en volume, on trouvera les deux lettres décryptées en 2016 de Marie-Antoinette à Axel de Fersen : « Je vous aime à la folie et (...) jamais, jamais je ne peux être  un moment sans vous adorer. »
    L'anthologie est réalisée et préfacée par Arthur Chevallier, déjà auteur dans les Cahiers rouges des anthologies Napoléon raconté par ceux qui l'ont connu et Le Cahier rouge des chats. 

  • Le droit d'aînesse

    Freustie-J

    • Grasset
    • 19 Mars 2008

    Le Droit d'aînesse est l'histoire d'un trio : un écrivain dans la quarantaine, confirmé, un peu alourdi par la vie (le narrateur), un autre de vingt-cinq ans, brillant, joueur et cabotin (Claude), et la petite amie de ce dernier (Catherine), une « grande fille, bien faite et élégante ». C'est l'histoire d'une amitié masculine, où la règle des âges est inversée, le plus jeune des romanciers impressionnant et dominant son aîné. C'est aussi l'histoire d'un amour, où le « droit d'aînesse » est finalement rétabli, respecté. Où sommes-nous ? Dans le Paris des Lettres des années cinquante, quand il y avait encore des « journaux littéraires » et que les maisons d'éditions s'affrontaient dans des tournois de boules, sur le terre-plein de Saint-Sulpice, en plein sixième arrondissement. C'est là où le narrateur rencontre Claude. Quelque temps plus tard, il lui confie son dernier manuscrit. Début d'une affection, mais aussi d'un rapport de force. Par le charme de l'insolence et des certitudes, Claude en impose à son ami plus âge. Le narrateur semble suivre son cadet, être sous sa coupe ; en fait, il l'observe. Bientôt, Claude lui présente Catherine. Qui va glisser d'un homme à l'autre. La phrase et cravatée de Freustié imprime un double rythme au livre. Lent et clinique, puis, quand la jeune femme entre dans la danse, accéléré et fatal. Le trio s'accorde avant d'exploser, le narrateur et Catherine changent de côté. Le Droit d'aînesse renseigne bien sur le mystérieux métier d'écrire. Solitude, découragement, distance, exaltation : Freustié sait de quoi il parle. Ce roman vénéneux traite aussi de l'ironie de l'amour. Pour la petite histoire, signalons qu'il est largement autobiographique. Et qu'il peut constituer une réponse implicite, amicale mais maligne, à L'Illusion comique, un roman de Bernard Frank, publié en 1955...

  • Tradition de l'existentialisme

    Julien Benda

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Dans cet essai incisif, Benda s'insurge contre la religion existentialiste et ses apôtres : Heidegger, Sartre, Camus et quelques autres... L'auteur de la Trahison des clercs bouleverse les idées reçues: pour lui, l'existentialisme est un faux remède aux crises de notre temps, une pensée au service de toutes les tyrannies.

  • Autour du chat noir

    Maurice Donnay

    • Grasset
    • 18 Octobre 2017

    Voici l'histoire d'un des lieux plus illustres de Paris, le cabaret du Chat Noir. Oui, le Chat noir à l'enseigne dessinée par Steinlein, le Chat Noir des chansonniers, des poètes, des buveurs d'absinthe et des lanceurs de blagues. C'est un de ses clients qui a réussi, l'auteur des fameuses comédies Education de prince et Lysistrata, Maurice Donnay, qui raconte les soirées mémorables où se retrouvaient, vers 1890, Debussy, Verlaine, Alphonse Allais... Les uns chantaient, les autres songeaient à conquérir Paris, par par l'argent, par les mots. Avec ce livre plein de fraîcheur et de tendresse, Maurice Donnay revient rêver aux temps où «  la  jeunesse, fille d'une bourgeoisie qui eut l'esprit voltairien sans l'esprit de Voltaire, vivait dans une insouciance incroyable des contingences  ». Montmartre  comme on l'a toujours aimé.

  • La France irréelle

    Emmanuel Berl

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Dans cet essai paru en 1957, Emmanuel Berl mesure avec angoisse le repli des Français sur eux-mêmes. Il s'interroge: "Pourquoi la politique en France évolue-t-elle moins comme une histoire que comme une névrose?" Un essai étonnamment actuel.

  • Mort du général de Gaulle

    Jean Mauriac

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    "J'ai été blessé en Mai 68. Et maintenant, ils m'ont achevé. Et maintenant, je suis mort." C'est par ces mots que le général de Gaulle accueillit le Non des Français au référendum d'avril 69. Entre cette mort politique et la fin à Colombey, dix-neuf mois vont s'écouler durant lesquels le général va voyager, compléter ses Mémoires, s'entretenir avec des proches, se mesurer à la solitude, à la souffrance.
    Compte à rebours dramatique minutieusement restitué par Jean Mauriac. Son sens du détail, l'enchaînement des tableaux composent un destin et disent un discret chagrin. Voici de gaulle grandiose dans l'adversité, solitaire et quotidien, hanté par la mort. De Gaulle, la France au coeur, aux derniers feux de sa vie.

  • Aimer de Gaulle

    Claude Mauriac

    • Grasset
    • 9 Juin 2010

    A la fin du mois d'août 1944, Claude Mauriac travaille auprès du général de Gaulle. Il est son secrétaire particulier et le reste jusqu'en septembre 1948. Il demeure encore, les cinq années suivantes, proche de lui. C'est le journal de ces rencontres que voici. On découvre un de Gaulle peu connu dont, avec le recul, bien des déclarations et des réactions apparaissent prophétiques. Le de Gaulle des premières années à Paris, alors que la guerre n'est pas achevée, celui de la Libération, puis de la victoire. Mais aussi l'affrontement presque aussitôt commencé avec les partis politiques, l'abandon du pouvoir et la longue traversée du désert qui suit, à Marly, à Colombey, puis à Paris, avec la tentative avortée du R.P.F. Peu nombreux sont, dans son entourage, les témoins de cette époque. Aucun, sans doute, n'a su si bien regarder et écouter de Gaulle que Claude Mauriac.

  • Les impostures de l'histoire

    Emmanuel Berl

    • Grasset
    • 5 Novembre 2014

    Cléopâtre, loin d'être « une fille du Nil entourée de magiciens », était la descendante d'une des plus grandes familles de Grèce ; Charles Martel n'est pas allé à Poitiers pour arrêter les Arabes, mais pour soutenir l'allié d'un sultan musulman ; la guerre de Charles VIII, roi de France, contre le royaume de Sicile, considérée par tous les historiens comme un fiasco, a été une succession de victoires ; le discours de Robespierre le 9 Thermidor, qu'on présente comme la raison de sa chute, a été acclamé. Mensonges, légendes, impostures : Emmanuel Berl les chasse avec allégresse dans ce livre ironique et précis.

  • Maupassant le Bel-Ami

    Armand Lanoux

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Le style de Maupassant est aussi pur que sa vie est obscure; il en a brouillé les pistes. Lanoux la restitue comme un roman noir, revenant sur les lieux, retrouvant les textes, interrogeant les derniers témoins... Dans une enquête magistrale, il nous apprend la vie d'un écrivain sensuel, fécond et météorique, emporté par la syphilis et la folie à quarante-trois ans.

  • En écoutant le Maréchal Foch

    Charles Bugnet

    • Grasset
    • 18 Octobre 2017

    Un document exceptionnel  : le plus grand des généraux de la Première Guerre mondiale, celui qui a mené les armées alliées à la victoire, oui, le grand Foch, se confiant à son officier d'ordonnance. Un portrait vivant, plein de vigueur et d'esprit, qui révèle combien la fermeté peut être une audace et combien l'audace a besoin de fermeté. «  On ne réussit que par ce qu'on vaut.  »
    Dans une préface inédite, Jean-Yves Le Drian, actuel ministre des Affaires étrangères, et l'un des plus grands ministres de la Défense de la Cinquième République, réfléchit sur ce que c'est qu'être un chef militaire, et un chef comme Foch, chez qui la concentration des facultés morales et intellectuelles a permis d'assumer les responsabilités les plus écrasantes et de les mener à bien, pour le salut de la France et de son choix d'humanisme universel.

  • Versailles au temps des rois

    G. Lenôtre

    • Grasset
    • 17 Mai 2006

    Une immense culture, l'imagination - peut-être même quelque faculté divinatoire - font de Lenotre un détective de l'histoire. Butinant ses Mémoires et archives, décollant les étiquettes, il fait son miel d'anecdotes oubliées, de détails exemplaires. Ce Versailles au temps des Rois restaure en quelque sorte les privilèges du lecteur, qui peut à plaisir dîner à la table de Louis XIV, plonger dans les déshabillés de la Pompadour ou vérifier les comptes de Louis XVI...
    Héritier de Saint-Simon et d'Alexandre Dumas, l'auteur n'écrit que pour le plaisir d'apprendre et de ressusciter.

  • La Fayette

    Joseph Delteil

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Ecrire la vie d'un homme, pour Delteil, ce n'est pas narrer ses faits et gestes mais "inventer une âme". La Fayette n'est donc pas seulement l'artisan de la liberté, il est le "rêveur éveillé", le propre frère de Jeanne d'Arc, un poète, un don Quichotte en chair et en os...

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